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<rss xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" version="2.0"><channel><title>Tradition Orale Poétique</title><link>https://audioblog.arteradio.com</link><description>Tu fais quoi de tes nuits ?Rien.Tu dors ?Non.Tu écris ?Parfois.Et sinon ?Je me laisse glisser dans mes chaussettes.Mais encore ?Je me laisse grignoter par mes doigts de pieds. A force de manger des morceaux de moi, mes pieds sont tout déformés. Mais je ne peux me récupérer, je suis trop lourde, écrasée par mes talons. C'est pour ça que je ne marche pas droit. Oui, on dit de moi que je ne marche pas droit. Désaxée. Mais c'est pour ça. Je suis déséquilibrée par des morceaux de moi. Mon centre de gravité n'est pas à hauteur de la deuxième sacro-lombaire, il est à hauteur de mes chaussettes.Illustrations des Poèmes et de la couverture :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comCrédit photos de profil : Christèle Billault  -  ? Instagram : https://www.instagram.com/christelebee/</description><language>fr</language><pubDate>Sat, 21 Mar 2020 16:11:02 +0100</pubDate><copyright>Copyright 2020 Pauline Moingeon Vallès</copyright><image><title>Tradition Orale Poétique</title><url>https://back-audioblog.arteradio.com/sites/default/files/pictures/origin_143825_03dWf.jpg</url><link>https://audioblog.arteradio.com</link></image><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://back-audioblog.arteradio.com/sites/default/files/pictures/origin_143825_03dWf.jpg"/><itunes:owner><itunes:email>pauline.moingeon@gmail.com</itunes:email><itunes:name>Les audioblogs par ARTE Radio</itunes:name></itunes:owner><itunes:category text="Society &amp; Culture"/><itunes:explicit>false</itunes:explicit><item><title>Le souvenir du matin sur la caresse quantique de l’autre quand tu es pleinement un </title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/190487</link><pubDate>Tue, 13 Sep 2022 11:00:36 +0200</pubDate><description>Le souvenir du matin sur la caresse quantique de l’autre quand tu es pleinement un  In Poésies Nocturnes ?Illustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comTu sais, le baiser chaud presque fondant (érotique, vertigineux) qui enfle lentement dans le ventre, t’enveloppe par le bas et te soulève à l’intérieur. Sensation orgastique qui t’enveloppe par le bas. Juste à écouter ton corps. Juste savoir que c’est bon, là, à l’intérieur, de goûter à tout ça. Tu sais, d’enfiler la confiance par la tête pour l’ajuster sur ton cœur, ton ventre, tes cuisses, tes pieds et pouvoir t’endormir avec ce goût-là sous la langue. Un goût d’herbe fraîche, de candeur, mais aussi puissante qu’un plat épicé qui à chaque bouchée te ramène au présent, à toi. C’est peut être ça être heureux. Sentir tout ça en toi. Des feux follets qui retirent délicatement les pierres du cœur et s’embrasent pour éclairer ton chemin. T’embrassent.Même en cas d’absence. De sentir que soi est pleinement un. Que l’autre n’est que la caresse nue qui adoucit ton regard. Sans épine, sans poussière. Nue, blanche et colorée. Tout à la fois et partout en même temps.La caresse quantique de l’autre quand tu es pleinement un. </description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">7d17fa99-c7b5-4845-af8e-78a4f29c5285</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/190487/podcast_190487_eTfJs.mp3" type="audio/mpeg" length="1435467"/><itunes:summary>Le souvenir du matin sur la caresse quantique de l’autre quand tu es pleinement un  In Poésies Nocturnes ?Illustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comTu sais, le baiser chaud presque fondant (érotique, vertigineux) qui enfle lentement dans le ventre, t’enveloppe par le bas et te soulève à l’intérieur. Sensation orgastique qui t’enveloppe par le bas. Juste à écouter ton corps. Juste savoir que c’est bon, là, à l’intérieur, de goûter à tout ça. Tu sais, d’enfiler la confiance par la tête pour l’ajuster sur ton cœur, ton ventre, tes cuisses, tes pieds et pouvoir t’endormir avec ce goût-là sous la langue. Un goût d’herbe fraîche, de candeur, mais aussi puissante qu’un plat épicé qui à chaque bouchée te ramène au présent, à toi. C’est peut être ça être heureux. Sentir tout ça en toi. Des feux follets qui retirent délicatement les pierres du cœur et s’embrasent pour éclairer ton chemin. T’embrassent.Même en cas d’absence. De sentir que soi est pleinement un. Que l’autre n’est que la caresse nue qui adoucit ton regard. Sans épine, sans poussière. Nue, blanche et colorée. 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Tout entière focalisée sur la peur du ne plus vivre et du ne plus vouloir vivre comme ce fœtus que j'étais qui a souhaité s'échapper...Douleur de la mère en moiDouleur d'une mère De l'émiettement d'un amour perduCelui d'un parentCelui d'un enfantCelui d'un amantSéparation psychique et physiqueJe pleure aujourd'hui mon impuissance, le partage stérile de mes craintes, l'amour de soi privé de son Moi plein et complet, à la recherche de son double, à la recherche de son ombre.J'inspire pour me rassemblerCompassion, compatir, compassus sumJ'expire pour l'autrePensées inventéesPensées qui ne soulagent ni l' autre, ni le poète qui glisse hors de son corps vers le corps de l'autre.Pensées mensongères qui n'existent  pas pour l'autre, ni ne sont les miennes propres.Perte d'identitéRessens-tu La vraie pensée Le véritable amour qui est tienCette joie partagée ?Quand tu es là Entière dans ton corpsPuissante pour toiDans l'écoute de l'autreRessens-tu cette paix La paix de cet amourQui dort en toi proche de la faune et la floreImmense et belle ?Oui, vois, comme tu es belleQuand tu aimes ton âmeQuand tu aimes cette voixQuand tu aimes à te retrouverÀ être là pout toi.Ressens l'amour du soiL'amour du père et de la mèreL'amour du fils et de la filleL'amour du roi.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">34539ade-3398-4fc3-86f5-4dbeb25b8ec0</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/190486/podcast_190486_pLhN7.mp3" type="audio/mpeg" length="2069967"/><itunes:summary> Deuil in Poésies Nocturnes ?Illustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comJe voudrais  concevoir dans mon corps le mouvement de chacun des muscles, la légèreté.Je voudrais caresser de mon amour l'air doux de mes pensées qui ne sont que bien-être et ne disent que le meilleur de moi. 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Tout entière focalisée sur la peur du ne plus vivre et du ne plus vouloir vivre comme ce fœtus que j'étais qui a souhaité s'échapper...Douleur de la mère en moiDouleur d'une mère De l'émiettement d'un amour perduCelui d'un parentCelui d'un enfantCelui d'un amantSéparation psychique et physiqueJe pleure aujourd'hui mon impuissance, le partage stérile de mes craintes, l'amour de soi privé de son Moi plein et complet, à la recherche de son double, à la recherche de son ombre.J'inspire pour me rassemblerCompassion, compatir, compassus sumJ'expire pour l'autrePensées inventéesPensées qui ne soulagent ni l' autre, ni le poète qui glisse hors de son corps vers le corps de l'autre.Pensées mensongères qui n'existent  pas pour l'autre, ni ne sont les miennes propres.Perte d'identitéRessens-tu La vraie pensée Le véritable amour qui est tienCette joie partagée ?Quand tu es là Entière dans ton corpsPuissante pour toiDans l'écoute de l'autreRessens-tu cette paix La paix de cet amourQui dort en toi proche de la faune et la floreImmense et belle ?Oui, vois, comme tu es belleQuand tu aimes ton âmeQuand tu aimes cette voixQuand tu aimes à te retrouverÀ être là pout toi.Ressens l'amour du soiL'amour du père et de la mèreL'amour du fils et de la filleL'amour du roi.</itunes:summary><itunes:keywords>idées de la nuit, enfance, famille, deuil</itunes:keywords><itunes:duration>00:02:09</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/190486/origin_190486_nUgDh.jpeg"/></item><item><title>Nuit Outrageuse</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/186449</link><pubDate>Thu, 09 Jun 2022 12:20:59 +0200</pubDate><description>Nuit Outrageuse in Poésies Nocturnes ?Illustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comNuit qui m'enveloppe pour m'étoufferNuit outrageuseJe ne reconnais plus mes crisIls me tirent et me chahutent de tous côtésLa peine sous mes paupières se hisse Pour m'encercler les pleurs glissent A mes poignets MenottésClouée à mon litJe heurte ce corps ennemi Je ne peux fondre dedans Et m'apaiser d'un sommeil d'enfantA l'intérieur le chaos m'évinceGenoux et épaules grincentMembres trop longs Ne trouvent jamais leur positionLombaires pourriesEstomac transiMa peau n'est que chair apparenteMe brûle, me pique et me hante Sous mes ongles qui grattentLe sang sèche écarlateJe fuis un combat hideuxJ'ouvre les yeux</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">ba524415-b1ba-40c1-b0ec-6b6ffb8152f9</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/186449/podcast_186449_o2w1b.mp3" type="audio/mpeg" length="979402"/><itunes:summary>Nuit Outrageuse in Poésies Nocturnes ?Illustration :  Xabier Moingeon  - 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https://xabiermoingeon.wordpress.comLaisse mon corps glisser sur le tienComme un aria de pétales sur la paume de ta mainHumide de la rosée, tendre à déchirerUne déconvenue de la penséeTes yeux rieurs et amoureuxMenacent d'imploser deviennent ombrageuxJe ne suis que corolle fragile en ton seinQuand de ton dos sculpté j'entrevois le dessinEn une ronde de douleurToi, mon amour, te meursM'implorant de ne pas étendre à plus de sentimentsNotre univers cet espace temps C'est la terre qui se renverse et les Pôles qui s'inversentC'est le temps qui s'arrêtent des torrents se déversentC'est tout un monde bouleversé sans repère sans cadre sans vieC'est mon cœur qui cesse de battre et te supplieUn songe, un enfant qui rêve Aux couleurs d'un pays magique à la sèveEt au goût de tes lèvres que j'embrasseJe ne suis qu'un pétale, qu'une fleur en disgrâce</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">341faec6-50e1-4db4-9634-7f53e624a750</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/179530/podcast_179530_0LqS1.mp3" type="audio/mpeg" length="1057853"/><itunes:summary>Poème d'amour in Poèmes d'amour section (2020)Illustration : Xabier Moingeon - 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https://xabiermoingeon.wordpress.comNous étions comme deux mammifères volants au dessus des gensNous étions beaux comme de nouveaux amantsNous étions les dieux inégalables de l'amourDansant les rythmes d'une épopée glamourCollés certes parce que nous ne parvenions pas à nous défaireDe cette joie envoutante toute une atmosphèreNul drame à pressentir le temps détachera nos mainsPourtant c'était le mot la rengaine comme une anaphore un refrainCe mot qui vient interrompre chaque nouvelle phrase Pour rappeler à l'autre qu'il ne sera bientôt plus  en phaseNul drame à consentir le temps détachera nos mainsPourtant la tempête intérieure a grondé et s'est élevée en vainCe n'est même plus la blessure des mots foudroyantsC'est tout un pan de l'être qui se révèle chancelantTransperçant d'une lame assidue mon envie ma croyanceD'être accompagnée soutenue de tendresse et bienveillance</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">fccb2078-9832-4f79-99ec-670bf4f16def</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/178882/podcast_178882_sXc00.mp3" type="audio/mpeg" length="1151894"/><itunes:summary>Déception in Poèmes d'amour section (2020)Illustration : Xabier Moingeon - 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https://xabiermoingeon.wordpress.comPicassentLes couloirs, les grilles, les gardiens, les portiques de sécurité, les casiers pour tes affaires - Enfin, ce qu'il en reste...Tout a été retiré à l'entrée. Encore des couloirs et encore des grilles. Des alarmes pour tout  - surtout pour te dire de passer et de dégager.Des minis-cellules de visite avec de lourdes portes en verre - et des gardiens qui rodent - font office de parloirs. Il y en a une vingtaine côte à côte.Certaines cellules ne ferment pas. La lourde porte ne tient pas. Un bruit ahurissant envahit la pièce.Tu ne peux pas accueillir ton émotion dans le silence et la sérénité.A l’intérieur, une autre vitre et ton bro derrière les barreaux. Vitre + barreaux.Un tabouret. Tu as 40 minutes.D'autres cellules n'ont pas de tabouret.Tu ne peux pas te poser pour faire face à l'émotion. Tu dois tenir 40 minutes avec les tremblements dans les cuisses et sous les yeux et autour de la bouche.Sur le côté un téléphone. Pour l'entendre, tu dois décrocher.D'autres cellules n'ont pas de téléphone. Ou encore, d'autres cellules ont un téléphone qui ne fonctionne pas.Tu ne peux pas entendre ni parler pour évacuer l'émotion.Je fais toutes les cellules restantes sans trouver une cellule libre qui me permette de réunir les conditions pour profiter correctement de mon bro que je n'ai pas revu depuis un an.Je choisis la cellule avec la porte qui ne ferme pas, c'est encore ce qu'il y a de plus tenable pour moi, mais j’entends le brouhaha constant des autres prisonniers, des autres visiteurs, des gardiens. Un bruit qui résonne, énorme. Et parfois je n'entends pas mon frère, mais je ne le fais pas répéter. Je n'ai pas le temps de le faire répéter. Je demande à mon cerveau d'interpréter ce qui peut se dire et se vivre dans cet instant-là . Unique et très court instant.Tu dois profiter, ne pas perdre de temps. Tu n'as pas le temps d'en perdre.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">75adfc89-1f8a-4835-89c9-a982efaed2ee</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/178880/podcast_178880_cUvEt.mp3" type="audio/mpeg" length="2183835"/><itunes:summary>Picassent 2 in Quia Frater poética (2020-2021)Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comPicassentLes couloirs, les grilles, les gardiens, les portiques de sécurité, les casiers pour tes affaires - Enfin, ce qu'il en reste...Tout a été retiré à l'entrée. Encore des couloirs et encore des grilles. Des alarmes pour tout  - surtout pour te dire de passer et de dégager.Des minis-cellules de visite avec de lourdes portes en verre - et des gardiens qui rodent - font office de parloirs. Il y en a une vingtaine côte à côte.Certaines cellules ne ferment pas. La lourde porte ne tient pas. Un bruit ahurissant envahit la pièce.Tu ne peux pas accueillir ton émotion dans le silence et la sérénité.A l’intérieur, une autre vitre et ton bro derrière les barreaux. Vitre + barreaux.Un tabouret. Tu as 40 minutes.D'autres cellules n'ont pas de tabouret.Tu ne peux pas te poser pour faire face à l'émotion. Tu dois tenir 40 minutes avec les tremblements dans les cuisses et sous les yeux et autour de la bouche.Sur le côté un téléphone. Pour l'entendre, tu dois décrocher.D'autres cellules n'ont pas de téléphone. Ou encore, d'autres cellules ont un téléphone qui ne fonctionne pas.Tu ne peux pas entendre ni parler pour évacuer l'émotion.Je fais toutes les cellules restantes sans trouver une cellule libre qui me permette de réunir les conditions pour profiter correctement de mon bro que je n'ai pas revu depuis un an.Je choisis la cellule avec la porte qui ne ferme pas, c'est encore ce qu'il y a de plus tenable pour moi, mais j’entends le brouhaha constant des autres prisonniers, des autres visiteurs, des gardiens. Un bruit qui résonne, énorme. Et parfois je n'entends pas mon frère, mais je ne le fais pas répéter. Je n'ai pas le temps de le faire répéter. Je demande à mon cerveau d'interpréter ce qui peut se dire et se vivre dans cet instant-là . Unique et très court instant.Tu dois profiter, ne pas perdre de temps. Tu n'as pas le temps d'en perdre.</itunes:summary><itunes:keywords>histoire, famille, justice, prison, bruit</itunes:keywords><itunes:duration>00:02:16</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/178880/origin_178880_46eAw.jpeg"/></item><item><title>Picassent</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/171728</link><pubDate>Fri, 24 Sep 2021 11:16:11 +0200</pubDate><description>Picassent in Quia Frater poética (2020-2021)Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comPicassentEl dinero,  no !Es el primero paquete ?Ok, mais el dinero, no !L'argent, ils ne prennent pas Les paquets non plusIls te laissent nu et sans argentIls te laissent avec toi-mêmeIls te laissent seul au milieu d'inconnusSans argent et complètement nuEt toi, tu attends làDans la chaleur du cárcelAttendre de voir la personne que tu aimesTon bro'EnferméDerrière des fils de barbelésLes murs sont hautsLa tour encore plus hauteUn MiradorEt toi, tu attends avec les autres Dans la chaleur du cárcelLes barreaux devenus hôtesEl dinero, no !Es el primero paquete ?Ok, mais el dinero, no !Le temps passe - tic-tacEt rien ne se passeTu attends et rien ne se passeLes voix résonnentEt les éventails s'actionnentLes voix hautes des femmesAigües et hautes à faire malHautes comme la tour du cárcelQui te rentrent dans les oreillesLa plupart sont tatouéesDes cœurs, des poissons, des scorpions, des dragons Des -ON de prisONVenues voir la personne qu'elles aimentLivrée à elle-mêmeSans autre sortie de penséeJuste des barbelésPour s'évaderTout en restant là, prostréeDans la chaleur du cárcelIl est quelle heure ? J'attendsDepuis combien de temps ?Pas de téléphone, Pas de bouquin, pas de papelDans le cárcelJuste toi avec toi-mêmeDans la résonance des voix hautes perchéesQui flottent au-dessus des barbelésNue au dessus de toute convenueJ'étouffe dans la chaleur du carcelSans comprendre ce que je fous làSans comprendre ce que mon bro fout làSans argent, sans lunettes sans fringue, Sans clope, sans eau El dinero, no !</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">4cafdc94-b83b-4a51-98ae-ff9b00e29a45</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/171728/podcast_171728_k1z39.mp3" type="audio/mpeg" length="2154996"/><itunes:summary>Picassent in Quia Frater poética (2020-2021)Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comPicassentEl dinero,  no !Es el primero paquete ?Ok, mais el dinero, no !L'argent, ils ne prennent pas Les paquets non plusIls te laissent nu et sans argentIls te laissent avec toi-mêmeIls te laissent seul au milieu d'inconnusSans argent et complètement nuEt toi, tu attends làDans la chaleur du cárcelAttendre de voir la personne que tu aimesTon bro'EnferméDerrière des fils de barbelésLes murs sont hautsLa tour encore plus hauteUn MiradorEt toi, tu attends avec les autres Dans la chaleur du cárcelLes barreaux devenus hôtesEl dinero, no !Es el primero paquete ?Ok, mais el dinero, no !Le temps passe - tic-tacEt rien ne se passeTu attends et rien ne se passeLes voix résonnentEt les éventails s'actionnentLes voix hautes des femmesAigües et hautes à faire malHautes comme la tour du cárcelQui te rentrent dans les oreillesLa plupart sont tatouéesDes cœurs, des poissons, des scorpions, des dragons Des -ON de prisONVenues voir la personne qu'elles aimentLivrée à elle-mêmeSans autre sortie de penséeJuste des barbelésPour s'évaderTout en restant là, prostréeDans la chaleur du cárcelIl est quelle heure ? J'attendsDepuis combien de temps ?Pas de téléphone, Pas de bouquin, pas de papelDans le cárcelJuste toi avec toi-mêmeDans la résonance des voix hautes perchéesQui flottent au-dessus des barbelésNue au dessus de toute convenueJ'étouffe dans la chaleur du carcelSans comprendre ce que je fous làSans comprendre ce que mon bro fout làSans argent, sans lunettes sans fringue, Sans clope, sans eau El dinero, no !</itunes:summary><itunes:keywords>famille, argent, justice, prison, attente</itunes:keywords><itunes:duration>00:02:15</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/171728/origin_171728_oQaLy.jpeg"/></item><item><title>Psyché</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/171726</link><pubDate>Fri, 24 Sep 2021 11:09:06 +0200</pubDate><description>Psyché in Quia Frater poética (2020-2021)Illustration  : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comPsyché Les épaules tendues par des oreillonsTord les lombaires de l'estomac transiLes pierres dans le ventre remontent jusqu'à l'horizonUne indigestion d'insomniesL'aube cherche à se rendormirAcère les crocs sous les paupièresEt marque du manque les rires Retenus à la frontièreChronique prisonnière la maladieBouscule en bafouillementDes dents serrées de l'aube jaillit Dans la bouche tout ce qui vit en même temps Le chaos buccal des motsL' embouteillage émotionnel menéQui laisse le mauvais goût du flot La précipitation inachevée Il se poursuit sans but et déconstruitRouge qui mélange au noir l'opacitéUn bouillonnement sans frein sous la langue raidieSe déverse et ne peut s'arrêterEn roue libre de libertéSans sens, sans son, sans but, sans finTourne en rond à l’éternitéFrétille, trépigne, sautille en vainPiteuse et serréeLa jugulaire exorbitéeFond dans les yeux la rondeur du front plisséLe cou s'élance long et prêt à exploser</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">669afc50-bf24-4ba6-8ff7-c55d3e2ef3f7</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/171726/podcast_171726_9OmEg.mp3" type="audio/mpeg" length="1253040"/><itunes:summary>Psyché in Quia Frater poética (2020-2021)Illustration  : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comPsyché Les épaules tendues par des oreillonsTord les lombaires de l'estomac transiLes pierres dans le ventre remontent jusqu'à l'horizonUne indigestion d'insomniesL'aube cherche à se rendormirAcère les crocs sous les paupièresEt marque du manque les rires Retenus à la frontièreChronique prisonnière la maladieBouscule en bafouillementDes dents serrées de l'aube jaillit Dans la bouche tout ce qui vit en même temps Le chaos buccal des motsL' embouteillage émotionnel menéQui laisse le mauvais goût du flot La précipitation inachevée Il se poursuit sans but et déconstruitRouge qui mélange au noir l'opacitéUn bouillonnement sans frein sous la langue raidieSe déverse et ne peut s'arrêterEn roue libre de libertéSans sens, sans son, sans but, sans finTourne en rond à l’éternitéFrétille, trépigne, sautille en vainPiteuse et serréeLa jugulaire exorbitéeFond dans les yeux la rondeur du front plisséLe cou s'élance long et prêt à exploser</itunes:summary><itunes:keywords>idées de la nuit, littérature, poésie, psychique, famille</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:18</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/171726/origin_171726_0QqM4.jpeg"/></item><item><title>La Petite vieille</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/160100</link><pubDate>Tue, 26 Jan 2021 13:13:00 +0100</pubDate><description>La Petite vieille in Quia Frater poética (2020)Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comAssise à sa fenêtre comme au bord du mondeLa pupille en mouvement file mais ne tombe dedans Elle sort de sa fenêtre comme on sort du soleilBrille du haut de son éclat sans y poser le talonNi abimée ni brûlée d'incandescence frêleLe regard fier transperce le verre qui a marqué son frontSon muscle pleure la douleur furieuse qui témoigne du tempsLa neige tombe dehors douce et cotonneuse Sans glacer le contact de la joue froide du floconElle imagine comme le baiser chauffé la neige citadineD'un cristal impérial conspirer au monde en son nomNe chute pas et soufflent sur son coeurMalgré l'assourdissant vertige du monde du dedans Les ressacs des violons du désert intérieurLe temps s'est écoulé il ne s'est rien passéTic tac rien noirLe temps s'est écoulé il ne s'est rien passé Tic tac blancIl s'est écoulé blancLa neige sulfureuse au bord du précipice Se déroule à jamais sous ses yeux</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">7a09443d-df6a-451e-8d1f-d805d1053c79</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/160100/podcast_160100_aHnLc.mp3" type="audio/mpeg" length="1163702"/><itunes:summary>La Petite vieille in Quia Frater poética (2020)Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comAssise à sa fenêtre comme au bord du mondeLa pupille en mouvement file mais ne tombe dedans Elle sort de sa fenêtre comme on sort du soleilBrille du haut de son éclat sans y poser le talonNi abimée ni brûlée d'incandescence frêleLe regard fier transperce le verre qui a marqué son frontSon muscle pleure la douleur furieuse qui témoigne du tempsLa neige tombe dehors douce et cotonneuse Sans glacer le contact de la joue froide du floconElle imagine comme le baiser chauffé la neige citadineD'un cristal impérial conspirer au monde en son nomNe chute pas et soufflent sur son coeurMalgré l'assourdissant vertige du monde du dedans Les ressacs des violons du désert intérieurLe temps s'est écoulé il ne s'est rien passéTic tac rien noirLe temps s'est écoulé il ne s'est rien passé Tic tac blancIl s'est écoulé blancLa neige sulfureuse au bord du précipice Se déroule à jamais sous ses yeux</itunes:summary><itunes:keywords>famille, histoire, idées de la nuit, contemplation, temps</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:39</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/160100/origin_160100_oQ3Di.jpeg"/></item><item><title>Ma tête n'est plus, bête non plus</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/160095</link><pubDate>Tue, 26 Jan 2021 12:32:06 +0100</pubDate><description>Ma tête n'est plus, bête non plus in Poésies Nocturnes (2020)Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comJe ne travaille plusJe n'écris plusJe ne crée plusJe sombre dans la mélancolie intra-cellulaire de mon corps, l'espace interne que je côtoie et caresse depuis l'enfance pour explorer la petite fille qui ne m’effraie plusJe ne lis plusJe ne réfléchis plusJe ne pense plusJe suis sortie de ma bêtise et de mon incapacité à être, à dire, à faire, à montrer, car je n'existe plusJe n'aime plus, Je n'éprouve plusJe ne souffre plusJe plonge la tête dans le pot de graisse qui me tapisse les entrailles pour fondre à l'intérieur de moi-mêmeJe ne partage plusJe n'écoute plusJe n'entends plusJe regarde le ciel de mes pieds en espérant toujours que ce monde intérieur s'écoulera en sens inverse, me remontera à la surface pour me réaliserMa tête n'est plusBête non plus</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">706a7a67-8d88-4046-8bc4-35b8ad85afa8</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/160095/podcast_160095_eKiCt.mp3" type="audio/mpeg" length="1150061"/><itunes:summary>Ma tête n'est plus, bête non plus in Poésies Nocturnes (2020)Illustration : Xabier Moingeon - 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https://xabiermoingeon.wordpress.comLe retour seul dans l'immense chagrin de l'appartement vide.Tout qui te rappelle à elle. Les livres éparpillés sur la moquette de la chambre, sa brosse à dents, son parfum collé aux draps du lit, l'odeur qui ne s'en va pas, qui est incrustée partout dans les fibres. Une odeur de pierre chaude du soleil d’été et de patchouli. C’est sucré dans la bouche, une gorgée de miel. Ça nourrit et ça donne soif. Tu es à bout de soif de son odeur. Tu t'endors presque dans le manque et l'assèchement. Ta langue claque sans force sur le palais. Le goût monte dans tes yeux et dans tes larmes. Tes larmes ont le goût de son miel à elle. C'est insupportable de douleur, un élancement dans la poitrine. Tu voudrais lécher ce goût sur sa peau qui est à l'intérieur de toi. Ça résonne de tristesse à l'intérieur. Ça résonne avec le son de sa voix. Tu écoutes sa voix dans le silence de la nuit et tout à coup, tu ne te souviens plus des cris de colère ni des pleurs, tu ne te souviens que des rires, de la joie et du plaisir de sa chair. Les souvenirs, le manque de la chaleur du corps qui laisse un vide sans fin, les insomnies à la chercher pour l'aimer encore et les larmes inaltérables sur l'oreiller qui ne sèche pas. L'odeur toujours plus forte et prégnante. C'est presque rassurant. Tu veux vivre comme ça maintenant : dans l'humidité et l'odeur qui te relient à elle. Tu ne te défais plus des draps. Tu restes le corps enroulé dans les draps, dans l'odeur des corps mêlés comme si c'était sa peau à elle qui recouvrait entièrement ta chair nue. Quant tu t'endors enfin dans l'ivresse des larmes et du chagrin, tu peux la retrouver et l'aimer. Elle est si vraie que tu peux la toucher. De tes doigts, tu sens sa douceur, son souffle chaud comme un gant d'air qui forme une bruine de bonheur sur ta peau. Sa voix se rapproche. Tu entends tout bas, distinctement les mots « je t'aime » qui flottent quelques secondes autour de toi. Les  mots d'une reine. Et tu te réveilles.  (...)</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">99010ba4-5275-4660-a21b-e67370fe5738</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/156575/podcast_156575_2Nh0i.mp3" type="audio/mpeg" length="2097367"/><itunes:summary>Le Chagrin, extrait in Poèmes d'amour section (2020)Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comLe retour seul dans l'immense chagrin de l'appartement vide.Tout qui te rappelle à elle. Les livres éparpillés sur la moquette de la chambre, sa brosse à dents, son parfum collé aux draps du lit, l'odeur qui ne s'en va pas, qui est incrustée partout dans les fibres. Une odeur de pierre chaude du soleil d’été et de patchouli. C’est sucré dans la bouche, une gorgée de miel. Ça nourrit et ça donne soif. Tu es à bout de soif de son odeur. Tu t'endors presque dans le manque et l'assèchement. Ta langue claque sans force sur le palais. Le goût monte dans tes yeux et dans tes larmes. Tes larmes ont le goût de son miel à elle. C'est insupportable de douleur, un élancement dans la poitrine. Tu voudrais lécher ce goût sur sa peau qui est à l'intérieur de toi. Ça résonne de tristesse à l'intérieur. Ça résonne avec le son de sa voix. Tu écoutes sa voix dans le silence de la nuit et tout à coup, tu ne te souviens plus des cris de colère ni des pleurs, tu ne te souviens que des rires, de la joie et du plaisir de sa chair. Les souvenirs, le manque de la chaleur du corps qui laisse un vide sans fin, les insomnies à la chercher pour l'aimer encore et les larmes inaltérables sur l'oreiller qui ne sèche pas. L'odeur toujours plus forte et prégnante. C'est presque rassurant. Tu veux vivre comme ça maintenant : dans l'humidité et l'odeur qui te relient à elle. Tu ne te défais plus des draps. Tu restes le corps enroulé dans les draps, dans l'odeur des corps mêlés comme si c'était sa peau à elle qui recouvrait entièrement ta chair nue. Quant tu t'endors enfin dans l'ivresse des larmes et du chagrin, tu peux la retrouver et l'aimer. Elle est si vraie que tu peux la toucher. De tes doigts, tu sens sa douceur, son souffle chaud comme un gant d'air qui forme une bruine de bonheur sur ta peau. Sa voix se rapproche. Tu entends tout bas, distinctement les mots « je t'aime » qui flottent quelques secondes autour de toi. Les  mots d'une reine. Et tu te réveilles.  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https://xabiermoingeon.wordpress.comLe corps lâcheEntraine sa ronde de débâclesFustige le monde d'un après-soiTisse sa toile de chair sans attacheTon venin court à la surfaceDéploie ses filamentsDans ma tête qui ne dit Ni ne bouge plusLourde maintenuePar le fil du temps en verticalitéIl ne sait plus où je suis(Je ne sais plus qui je suis)Traverse mon corps mûAu ralentiJe m'endors les yeux bleuisSur ton monde que je ne connais plusCombien de temps s'est-il écoulé Combien de visages fraternelsAi-je laissé passerCeux que je vois ne nous appartiennent pasNous avons échoué Sur nos partages, nos enviesSur les rives de la colère et de l'oubliSans chercher à nous échapperCe paysage erreur lointaineMalgré sa beautéNous retient prisonniersJe n'agis plus sans peineJe ne veux plus dire Les mots assassinsQui dérivent lentementDe ma bouche à tes mainsCelles qui s'obligent à saisirCe poison pour t'anéantirUn petit feu en ton foieJe meurs avec toiUne dernière fois j'ai voulu rire Aucun son aucune voixLes yeux brûlés par le sel je me suis noyéeDans les couleurs que tu as créées</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">3a38b0ba-a881-486c-93c4-717aa2e3ec55</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/152488/podcast_152488_tK8I1.mp3" type="audio/mpeg" length="1197537"/><itunes:summary>Epuisement, Section Quia Frater poetica (2020)Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comLe corps lâcheEntraine sa ronde de débâclesFustige le monde d'un après-soiTisse sa toile de chair sans attacheTon venin court à la surfaceDéploie ses filamentsDans ma tête qui ne dit Ni ne bouge plusLourde maintenuePar le fil du temps en verticalitéIl ne sait plus où je suis(Je ne sais plus qui je suis)Traverse mon corps mûAu ralentiJe m'endors les yeux bleuisSur ton monde que je ne connais plusCombien de temps s'est-il écoulé Combien de visages fraternelsAi-je laissé passerCeux que je vois ne nous appartiennent pasNous avons échoué Sur nos partages, nos enviesSur les rives de la colère et de l'oubliSans chercher à nous échapperCe paysage erreur lointaineMalgré sa beautéNous retient prisonniersJe n'agis plus sans peineJe ne veux plus dire Les mots assassinsQui dérivent lentementDe ma bouche à tes mainsCelles qui s'obligent à saisirCe poison pour t'anéantirUn petit feu en ton foieJe meurs avec toiUne dernière fois j'ai voulu rire Aucun son aucune voixLes yeux brûlés par le sel je me suis noyéeDans les couleurs que tu as créées</itunes:summary><itunes:keywords>poésie , famille, musique</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:43</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/152488/origin_152488_7F855.jpeg"/></item><item><title>Cavité Mouvante</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/152056</link><pubDate>Wed, 05 Aug 2020 12:13:18 +0200</pubDate><description>Cavité Mouvante in Poèmes d'amour (2016-2018)Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comVentre troué Ventre galopéGalopantVentre constelléVentre morceléVentre de pépitesMorcelantMes paupièresDissolvantIrritent Mon cœurOrgane à trousArdeur dans le corpsForce et violenceManque colériqueColère torpeurD'un champ de ruinesL'odeur des pierresSoulève mon cœurOrgane granite</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">0bab948f-a4ae-473b-a649-b5ae364a330d</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/152056/podcast_152056_1KiYn.mp3" type="audio/mpeg" length="423672"/><itunes:summary>Cavité Mouvante in Poèmes d'amour (2016-2018)Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comVentre troué Ventre galopéGalopantVentre constelléVentre morceléVentre de pépitesMorcelantMes paupièresDissolvantIrritent Mon cœurOrgane à trousArdeur dans le corpsForce et violenceManque colériqueColère torpeurD'un champ de ruinesL'odeur des pierresSoulève mon cœurOrgane granite</itunes:summary><itunes:keywords>poésie, paysage intérieur, amour, douleur</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:34</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/152056/origin_152056_3FzU2.jpeg"/></item><item><title>Au Dessus</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/152037</link><pubDate>Wed, 05 Aug 2020 11:15:40 +0200</pubDate><description>Au Dessus in Poèmes d'amour (2016-2018)Illustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comTe souviens-tu Ce regard qui se dresse et voitLe paysage qui se consumeDerrière la pâle volute blanche Et le miroir du ciel musclé et tenduCe geste sur ta peauEt ta main qui le rejointTes yeux tournés vers la lumièreDans la joie d'un rayon Tordu et profondUn rêve grisantL'indicible justesse du bonheurDes prochaines secondes de vieSans le nuage de soupirsQue tu tiens avaléTu fermes les yeux pour l'emporter</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">b0e0f38e-22d7-4f8d-8ffd-b66c8329b94c</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/152037/podcast_152037_e99Vn.mp3" type="audio/mpeg" length="487973"/><itunes:summary>Au Dessus in Poèmes d'amour (2016-2018)Illustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comTe souviens-tu Ce regard qui se dresse et voitLe paysage qui se consumeDerrière la pâle volute blanche Et le miroir du ciel musclé et tenduCe geste sur ta peauEt ta main qui le rejointTes yeux tournés vers la lumièreDans la joie d'un rayon Tordu et profondUn rêve grisantL'indicible justesse du bonheurDes prochaines secondes de vieSans le nuage de soupirsQue tu tiens avaléTu fermes les yeux pour l'emporter</itunes:summary><itunes:keywords>poésie, ciel, paysage intérieur, bien-être, amour</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:39</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/152037/origin_152037_w9rM0.jpeg"/></item><item><title>En Dessous</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/152030</link><pubDate>Wed, 05 Aug 2020 10:40:34 +0200</pubDate><description>En Dessous in Poèmes d'amour  (2016-2018)Illustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comLa sensation du corps qui flotteLa frontière épaisse sur le visageComme une marque qui le contamineL'apesanteur des membresLivre une paume tournée vers le soleilUn pétillement dans les yeuxEt un sourire sur les lèvresComme tu es légère !Cet aveuglement de phosphènesS'allie au sel qui te brûleLa respiration t'élèveComme des algues qui t'enlèventPour te porter aux nuesBlanches et apaisantesUn souffle au devantCrée le mouvement tout entierD'un seul corps unitéEt dessous la caresse du silence mêlé A l'assourdissement du mondeEt toi toujours en dedansDans le corps mouvantPlein de l'ivresse de l'instant</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">f50ddcdd-4336-41a0-b7ff-5295ac4799a9</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/152030/podcast_152030_mWzN9.mp3" type="audio/mpeg" length="666503"/><itunes:summary>En Dessous in Poèmes d'amour  (2016-2018)Illustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comLa sensation du corps qui flotteLa frontière épaisse sur le visageComme une marque qui le contamineL'apesanteur des membresLivre une paume tournée vers le soleilUn pétillement dans les yeuxEt un sourire sur les lèvresComme tu es légère !Cet aveuglement de phosphènesS'allie au sel qui te brûleLa respiration t'élèveComme des algues qui t'enlèventPour te porter aux nuesBlanches et apaisantesUn souffle au devantCrée le mouvement tout entierD'un seul corps unitéEt dessous la caresse du silence mêlé A l'assourdissement du mondeEt toi toujours en dedansDans le corps mouvantPlein de l'ivresse de l'instant</itunes:summary><itunes:keywords>poésie, amour, fantastique, océan, bien-être</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:53</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/152030/origin_152030_nQx7v.jpeg"/></item><item><title>Insomnie mêlée de cris, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/152013</link><pubDate>Tue, 04 Aug 2020 18:22:33 +0200</pubDate><description>Insomnie mêlée de cris in Poésies Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comLa  pierre froide des sables mouvantsUltime déviation d'un chemin Guide la main tendue Vers ton regard d'aide en suspensQui répand le feu sur ta langue Dans les entrailles Un léger tremblement Le corps parleIl dit l'abjecte nécessité De tout garder à l'intérieurC'est un bourdonnement fatal Qui emplit le cerveau d'imagesDe chants et de danses Auxquels tu ne peux accéderLa main s'agite danse la peurTu ne peux la sauverTu goûtes alors les mots virevoltants Sans pouvoir les avalerEt bientôt la vomissure te glisse des lèvres Et s'étale à tes pieds</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">35b3b7db-9cac-454e-b4cb-100993f6661c</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/152013/podcast_152013_9MdI9.mp3" type="audio/mpeg" length="527375"/><itunes:summary>Insomnie mêlée de cris in Poésies Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comLa  pierre froide des sables mouvantsUltime déviation d'un chemin Guide la main tendue Vers ton regard d'aide en suspensQui répand le feu sur ta langue Dans les entrailles Un léger tremblement Le corps parleIl dit l'abjecte nécessité De tout garder à l'intérieurC'est un bourdonnement fatal Qui emplit le cerveau d'imagesDe chants et de danses Auxquels tu ne peux accéderLa main s'agite danse la peurTu ne peux la sauverTu goûtes alors les mots virevoltants Sans pouvoir les avalerEt bientôt la vomissure te glisse des lèvres Et s'étale à tes pieds</itunes:summary><itunes:keywords>paysage intérieur, insomnie, poésie, idées de la nuit</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:45</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/152013/origin_152013_oU9Eo.jpeg"/></item><item><title>L'Etrange Repos, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/152012</link><pubDate>Tue, 04 Aug 2020 17:26:49 +0200</pubDate><description>L'Etrange repos, in Poésies Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comSur sa joue fond son iris brûlé Et s'envole comme une écaille dorée Une bulle d'oubli avec véhémenceVient écouter le silenceDans le creux de son ventre épaisDureté de son insomnieElle s'élève dans un vertigeUn goût acre de bléOù s’éternise la sensation de feuEt pénètre la verticalité de sa chairElle atteint la sérénitéLe décor de son Dieu</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">dbaa37c6-f9a8-4ee1-83c0-a510b8c5797b</guid><enclosure url="https://back-audioblog.arteradio.com/sites/default/files/audios/origin_podcast_152012_24hY3.mp3" type="text/html; charset=UTF-8" length="-1"/><itunes:summary>L'Etrange repos, in Poésies Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comSur sa joue fond son iris brûlé Et s'envole comme une écaille dorée Une bulle d'oubli avec véhémenceVient écouter le silenceDans le creux de son ventre épaisDureté de son insomnieElle s'élève dans un vertigeUn goût acre de bléOù s’éternise la sensation de feuEt pénètre la verticalité de sa chairElle atteint la sérénitéLe décor de son Dieu</itunes:summary><itunes:keywords>poésie, idées de la nuit, insomnie, paysage intérieur</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:33</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/152012/origin_152012_cLlOw.jpeg"/></item><item><title>In-terre-rieur, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/151627</link><pubDate>Wed, 22 Jul 2020 18:32:57 +0200</pubDate><description>In-terre-rieur in Poésie Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comSur moi, sur la peau de ce corps qui m'appartient, je perçois les vibrations enchainées de ton ré. Il pénètre dans ce vaste monde que je ne connais plus. Il m'assoit au bord du précipice et m'ordonne d'y plonger la tête. Suis je reliée ? Suis je en corps attachée à ce chemin luminescent teinté de rouge ? Vais-je tomber ou me relever ? La peur broie mes entrailles, elle boit la saveur brute du mensonge que je me créé. Quand vais-je dire la vérité ? Quand vais-je retirer la peau devenue l'armure grinçante que je fais taire ?Suis-je qui ?</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">919ec389-926a-42d6-a522-3339cd7e17dd</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/151627/podcast_151627_q0aQ8.mp3" type="audio/mpeg" length="659471"/><itunes:summary>In-terre-rieur in Poésie Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comSur moi, sur la peau de ce corps qui m'appartient, je perçois les vibrations enchainées de ton ré. Il pénètre dans ce vaste monde que je ne connais plus. Il m'assoit au bord du précipice et m'ordonne d'y plonger la tête. Suis je reliée ? Suis je en corps attachée à ce chemin luminescent teinté de rouge ? Vais-je tomber ou me relever ? La peur broie mes entrailles, elle boit la saveur brute du mensonge que je me créé. Quand vais-je dire la vérité ? Quand vais-je retirer la peau devenue l'armure grinçante que je fais taire ?Suis-je qui ?</itunes:summary><itunes:keywords>idées de la nuit, poésie, métaphysique</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:56</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/151627/origin_151627_641Kn.jpeg"/></item><item><title>Carence, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/150738</link><pubDate>Thu, 02 Jul 2020 09:42:57 +0200</pubDate><description>Carence in Poésies Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com  Dans les affres de l'alcool plongéeMadame Lune me visiteLes  mots intelligibles oubliésS'écorchent et s'agitentExcavés ils sont extraitsDes méandres de mes pensées Ils ne dorment plusTremblent et  buttent contre les mursLa même matrice cérébrale en proie à la carence Du reposCe sont ces mêmes images qui me hantentNe peuvent donner sens à cet échoLe visiteur fouille de ses doigtsMes papiers mes journaux Lit avec avidités mes motsIntimité fidèle de ma joieJe veux les assembler, reprendre le cours de l’histoireOffrir la nuit à tant d'absurdité Mais je suis appelée à m'éveillerEt quitter le monde transitoire</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">06c6ad65-2356-4014-83b8-059b4b54ce24</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/150738/podcast_150738_qXlXw.mp3" type="audio/mpeg" length="614115"/><itunes:summary>Carence in Poésies Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com  Dans les affres de l'alcool plongéeMadame Lune me visiteLes  mots intelligibles oubliésS'écorchent et s'agitentExcavés ils sont extraitsDes méandres de mes pensées Ils ne dorment plusTremblent et  buttent contre les mursLa même matrice cérébrale en proie à la carence Du reposCe sont ces mêmes images qui me hantentNe peuvent donner sens à cet échoLe visiteur fouille de ses doigtsMes papiers mes journaux Lit avec avidités mes motsIntimité fidèle de ma joieJe veux les assembler, reprendre le cours de l’histoireOffrir la nuit à tant d'absurdité Mais je suis appelée à m'éveillerEt quitter le monde transitoire</itunes:summary><itunes:keywords>idées de la nuit, poésie, rêve, insomnie, fantastique</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:53</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/150738/origin_150738_b9xLa.jpeg"/></item><item><title>Eveil, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/150337</link><pubDate>Fri, 26 Jun 2020 12:03:28 +0200</pubDate><description>Eveil in Poésies Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comL'éveil fut secoué de torpeurSans être néfaste, l'aspect des mâchoires Deux torpilles hallucinatoiresOuvraient sur les filaments pourpres La nébuleuse endormieLà-haut dans le vortex des jardinsS'étiraient en rêves volésLes tombeaux des ancêtres incarnésDans une convulsion de satinMagnificences arborées pour clore ce cheminNi peur ni pâleur ne se lisaientC'était seulement le sang figéQui empêchait les mots de s'échapperLa beauté des morts que je voyaisS'était fixée dans ma pupille endormieLes âmes ombrées s’approchèrentLes cheveux comme des ailes poudrées Elles possédaient les mots qui me manquaient Autour d'elles des airs chuchotèrentQue pouvait de la vie s'illuminer le sentier</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">7bd14768-39e6-4d11-b892-407c41187a25</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/150337/podcast_150337_wNtVm.mp3" type="audio/mpeg" length="716668"/><itunes:summary>Eveil in Poésies Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comL'éveil fut secoué de torpeurSans être néfaste, l'aspect des mâchoires Deux torpilles hallucinatoiresOuvraient sur les filaments pourpres La nébuleuse endormieLà-haut dans le vortex des jardinsS'étiraient en rêves volésLes tombeaux des ancêtres incarnésDans une convulsion de satinMagnificences arborées pour clore ce cheminNi peur ni pâleur ne se lisaientC'était seulement le sang figéQui empêchait les mots de s'échapperLa beauté des morts que je voyaisS'était fixée dans ma pupille endormieLes âmes ombrées s’approchèrentLes cheveux comme des ailes poudrées Elles possédaient les mots qui me manquaient Autour d'elles des airs chuchotèrentQue pouvait de la vie s'illuminer le sentier</itunes:summary><itunes:keywords>idées de la nuit, poésie, éveil, fantastique, fantôme</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:59</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/150337/origin_150337_4DyRq.jpeg"/></item><item><title>Prière, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/150220</link><pubDate>Wed, 24 Jun 2020 13:39:20 +0200</pubDate><description>Prière in Poésies Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comCapsule salvatrice tête recroquevilléeLa respiration ample me fait glisser Vers un second soleilDans mon temple aux odeurs de ThymLe savon latent des pierres écheveléesEffleure ta peau nacréeEt s'ouvre comme le parcheminDu rêve que j'ai faitMa prière s'adresse verdoyanteComme une perle sur ta mainDouce et pluvieuse ondulanteJamais ne se referme Sur le filet d'or du matin</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">c725f8aa-b5d6-43e7-b45d-b23994c5843f</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/150220/podcast_150220_1HrMd.mp3" type="audio/mpeg" length="490041"/><itunes:summary>Prière in Poésies Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comCapsule salvatrice tête recroquevilléeLa respiration ample me fait glisser Vers un second soleilDans mon temple aux odeurs de ThymLe savon latent des pierres écheveléesEffleure ta peau nacréeEt s'ouvre comme le parcheminDu rêve que j'ai faitMa prière s'adresse verdoyanteComme une perle sur ta mainDouce et pluvieuse ondulanteJamais ne se referme Sur le filet d'or du matin</itunes:summary><itunes:keywords>poésie, idées de la nuit, prière, corps</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:41</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/150220/origin_150220_j5rYr.jpeg"/></item><item><title>J'ai Rêvé, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/150086</link><pubDate>Sun, 21 Jun 2020 13:18:50 +0200</pubDate><description>J'ai Rêvé in Poésie Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration: Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com J'ai rêvé de la maison d'enfance Reliée par les fils électriques luminosité chargéeIl n'y avait pas les mots pour butter ni se cognerEt  revenir en images brutes sans fin boucléesLes échos qui font mal qui réveillent sans avoir pu quitter leur sommeil Il y avait juste le rêve de l'enfance Avec les gens que j'ai côtoyés dans la maison que j'aimais L'excitation à préparer les plats de la soirée Dans le fourmillement des doigts teintés de sacréSe tenant droite dans la cuisine la Tina près de la porte du jardin Appelant pour l'aider les ustensiles à la main Le rêve était joyeux et grand coloré et bruyant Les amis des parents riaient tonitruant Et  laissaient la place au rire des enfantsC'était le vrai chemin de la vie Quand de l'enfance l'esprit flotte pur insouciant Fixé au courant phosphorescent duquel on peut suivre l'espace temps Rien encore ne m'avait foudroyéeDu sommeil juste je ne pouvais plus m'extirper</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">fbea0735-82e6-41c3-941d-518681af266f</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/150086/podcast_150086_f4k9f.mp3" type="audio/mpeg" length="900164"/><itunes:summary>J'ai Rêvé in Poésie Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration: Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com J'ai rêvé de la maison d'enfance Reliée par les fils électriques luminosité chargéeIl n'y avait pas les mots pour butter ni se cognerEt  revenir en images brutes sans fin boucléesLes échos qui font mal qui réveillent sans avoir pu quitter leur sommeil Il y avait juste le rêve de l'enfance Avec les gens que j'ai côtoyés dans la maison que j'aimais L'excitation à préparer les plats de la soirée Dans le fourmillement des doigts teintés de sacréSe tenant droite dans la cuisine la Tina près de la porte du jardin Appelant pour l'aider les ustensiles à la main Le rêve était joyeux et grand coloré et bruyant Les amis des parents riaient tonitruant Et  laissaient la place au rire des enfantsC'était le vrai chemin de la vie Quand de l'enfance l'esprit flotte pur insouciant Fixé au courant phosphorescent duquel on peut suivre l'espace temps Rien encore ne m'avait foudroyéeDu sommeil juste je ne pouvais plus m'extirper</itunes:summary><itunes:keywords>famille, histoire, enfance, poésie, idées de la nuit</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:13</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/150086/origin_150086_nIw5h.jpeg"/></item><item><title>Les Dizains de la colère, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/149875</link><pubDate>Tue, 16 Jun 2020 12:27:01 +0200</pubDate><description>Les Dizains de la colère in Strophes Numérales et autres jeux escargotiens (2016), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comCes culs serrésQui se donnaientDes airs affranchisésSous la moiteur de L’ElyséeTête éminentePavillon mouvantMarchant culotte mouléeCoiffe mouilléeSueur de leur cauchemarInventéLa main tendueA l’enfant hagardPouce morduRegard perlantA qui l’on prometDes paradis absentsDes terres d’esclandresDes parcs DisneylandsDestins stérilesEt puérilsUne épuisante lancéeUn maniement du peupleQui s’instruit qui avanceAu son des promesses périméesL’idiotie collectiveDont la croyance bouleverseComme un espoir obsolèteDu bonheur à venirUn mouvement oppressantFugace atermoiementTelle la PortugaiseCheville blesséeSang sur le tétonQui allaite son rejetonEt ceux des infertilesEpuisée elle s’abstientJusqu’aux lands enfantinesDe poursuivre son cheminElle s’abandonne elle baiseLe front de son gaminFeignasse ! Brame la fouleNourris en marchantSers-toi de la houlePour te porter devantSois fière sous pavillonD’afficher tes couleursTon devoir et les pleursDe ton petit garçonLa preuve de tes douleursN’est qu’hallucinationLa jeune femme y laisse son souffleTels les effluves d’un parfumUn bouche à bouche futile et vainAvec les larmes la saliveEt le cri des putainsQue périsse cette veine patriotiqueDu ventre qu’on l’extirpeComme on retire le TéniaOn a marché longtempsCa faisait mal</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">3f450c0d-9e9f-4e37-8100-13c6b1b4a526</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149875/podcast_149875_3LjBw.mp3" type="audio/mpeg" length="1445308"/><itunes:summary>Les Dizains de la colère in Strophes Numérales et autres jeux escargotiens (2016), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comCes culs serrésQui se donnaientDes airs affranchisésSous la moiteur de L’ElyséeTête éminentePavillon mouvantMarchant culotte mouléeCoiffe mouilléeSueur de leur cauchemarInventéLa main tendueA l’enfant hagardPouce morduRegard perlantA qui l’on prometDes paradis absentsDes terres d’esclandresDes parcs DisneylandsDestins stérilesEt puérilsUne épuisante lancéeUn maniement du peupleQui s’instruit qui avanceAu son des promesses périméesL’idiotie collectiveDont la croyance bouleverseComme un espoir obsolèteDu bonheur à venirUn mouvement oppressantFugace atermoiementTelle la PortugaiseCheville blesséeSang sur le tétonQui allaite son rejetonEt ceux des infertilesEpuisée elle s’abstientJusqu’aux lands enfantinesDe poursuivre son cheminElle s’abandonne elle baiseLe front de son gaminFeignasse ! Brame la fouleNourris en marchantSers-toi de la houlePour te porter devantSois fière sous pavillonD’afficher tes couleursTon devoir et les pleursDe ton petit garçonLa preuve de tes douleursN’est qu’hallucinationLa jeune femme y laisse son souffleTels les effluves d’un parfumUn bouche à bouche futile et vainAvec les larmes la saliveEt le cri des putainsQue périsse cette veine patriotiqueDu ventre qu’on l’extirpeComme on retire le TéniaOn a marché longtempsCa faisait mal</itunes:summary><itunes:keywords>engagements, histoire, politique, révolution, femmes</itunes:keywords><itunes:duration>00:02:00</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149875/origin_149875_w5xXe.jpeg"/></item><item><title>Alice Albert, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/149873</link><pubDate>Tue, 16 Jun 2020 11:27:43 +0200</pubDate><description>Alice Albert in Poésies Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comPlus elle m'en faisait voir plus je poursuivais mon rituel de noyades dans les toilettes : j'assassinais mes poupées tous les jours désirant mourir dans le ventre de ma mère.Plus elle lui en faisait voir plus elle poursuivait son rituel de noyades dans les toilettes : elle assassinait ses poupées tous les jours désirant mourir dans le ventre de sa mère.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">a8ee9553-d05c-4425-9df3-36308db287d6</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149873/podcast_149873_hJkQy.mp3" type="audio/mpeg" length="220721"/><itunes:summary>Alice Albert in Poésies Nocturnes (2020), cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comPlus elle m'en faisait voir plus je poursuivais mon rituel de noyades dans les toilettes : j'assassinais mes poupées tous les jours désirant mourir dans le ventre de ma mère.Plus elle lui en faisait voir plus elle poursuivait son rituel de noyades dans les toilettes : elle assassinait ses poupées tous les jours désirant mourir dans le ventre de sa mère.</itunes:summary><itunes:keywords>enfance, maltraitance, psychanalyse , famille, histoire</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:18</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149873/origin_149873_v34M0.jpeg"/></item><item><title>Somnolence, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/149742</link><pubDate>Sat, 13 Jun 2020 11:10:32 +0200</pubDate><description>Somnolence in Poésies Nocturnes (2020), Cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com La nuit fouille les pulsions statiques incroyables et profondes dans un trouble avideComme les vallées bleues de l'inconscient dans lesquelles on visite encore les visages suspendus de MexicoLes battements sanguins peignent le grillage d'acier des ventres à terre dans un courage de feuIls fuient fatigués les nuits en double fondRattrapés par la Mésange bleue sans aile sur la branche coupéeEn état larvaire flottant sans acoustique découpée Et ce sang partout qui afflueEt oublie la stagnance sèche qui reflue Afin de ne plus accomplir les pensées et les actes de ma foi ni de ma raisonDémences juvéniles adulaires trop lourdes dans la poche des secretsLa mer et les idées qui frappent ma têteMon écho qui hurle contre la paroi des vaisseaux Il ne veut plus s'y voir ni les toucherIl baigne dans l'alcool mort des secondes pour y rire et le reste s'endormirEt le reste à gueulerC'est l'instant Où les rêves buttent contre la matrice cérébrale des paupières effritées L'heure des pupilles jauniesBrouillard sévère odeur cramoisie Je veux mon sommeil noir et lourd, sommeil d'acierEn croisade des joies les rayons sur la peauJe veux mes idées claires la personnalité sobre identiqueA la liberté Je veux ma solitude enchainée Dans la chambre des âmes antiques</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">c318243b-fa42-4d9a-b311-71dd31d32846</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149742/podcast_149742_8Mz31.mp3" type="audio/mpeg" length="1335124"/><itunes:summary>Somnolence in Poésies Nocturnes (2020), Cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com La nuit fouille les pulsions statiques incroyables et profondes dans un trouble avideComme les vallées bleues de l'inconscient dans lesquelles on visite encore les visages suspendus de MexicoLes battements sanguins peignent le grillage d'acier des ventres à terre dans un courage de feuIls fuient fatigués les nuits en double fondRattrapés par la Mésange bleue sans aile sur la branche coupéeEn état larvaire flottant sans acoustique découpée Et ce sang partout qui afflueEt oublie la stagnance sèche qui reflue Afin de ne plus accomplir les pensées et les actes de ma foi ni de ma raisonDémences juvéniles adulaires trop lourdes dans la poche des secretsLa mer et les idées qui frappent ma têteMon écho qui hurle contre la paroi des vaisseaux Il ne veut plus s'y voir ni les toucherIl baigne dans l'alcool mort des secondes pour y rire et le reste s'endormirEt le reste à gueulerC'est l'instant Où les rêves buttent contre la matrice cérébrale des paupières effritées L'heure des pupilles jauniesBrouillard sévère odeur cramoisie Je veux mon sommeil noir et lourd, sommeil d'acierEn croisade des joies les rayons sur la peauJe veux mes idées claires la personnalité sobre identiqueA la liberté Je veux ma solitude enchainée Dans la chambre des âmes antiques</itunes:summary><itunes:keywords>poésie, fantastique, reves, insomnie, idées de la nuit</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:49</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149742/origin_149742_c7e7l.jpeg"/></item><item><title>Le Visiteur de l'ombre, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/149624</link><pubDate>Thu, 11 Jun 2020 09:45:30 +0200</pubDate><description>Le Visiteur de l'ombre in Poésies Nocturnes (2020), Cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comLe fauteuil de ma souffrance dans lequel elle me dépeintEtire à l'agonie l'ombre qui s'est jetée sur moiUne folie ! Un secret mensonger qui s'échappe de la têteEt tournoie dans les airs pour nous faire changer d'avisUne tendance, une danse entre deux aveuxLa course insondable de l'âme contre elle-même dans son refletFrappe la glace des InsomniesUne lumière légère qui peut chanterEt derrière l'angoisse des pleurs qui se refusent à combattreDésarmée, elle s'étend plate sur le sol Froid ne reflétant plus rienEst-ce dans ce miroir-là que les autres ont perçu qui j'étais ?Ou bien est-ce que la lumière demeure toujours visible malgré l’obscurité ?</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">8a56e69d-93a6-4335-90a5-1b3e48c8d73f</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149624/podcast_149624_vI4A2.mp3" type="audio/mpeg" length="686534"/><itunes:summary>Le Visiteur de l'ombre in Poésies Nocturnes (2020), Cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comLe fauteuil de ma souffrance dans lequel elle me dépeintEtire à l'agonie l'ombre qui s'est jetée sur moiUne folie ! Un secret mensonger qui s'échappe de la têteEt tournoie dans les airs pour nous faire changer d'avisUne tendance, une danse entre deux aveuxLa course insondable de l'âme contre elle-même dans son refletFrappe la glace des InsomniesUne lumière légère qui peut chanterEt derrière l'angoisse des pleurs qui se refusent à combattreDésarmée, elle s'étend plate sur le sol Froid ne reflétant plus rienEst-ce dans ce miroir-là que les autres ont perçu qui j'étais ?Ou bien est-ce que la lumière demeure toujours visible malgré l’obscurité ?</itunes:summary><itunes:keywords>poésie, dualité, combat, idées de la nuit, reves</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:57</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149624/origin_149624_j7xJ5.jpeg"/></item><item><title>Fatigue Lumineuse, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/149567</link><pubDate>Wed, 10 Jun 2020 13:24:50 +0200</pubDate><description>Fatigue Lumineuse in L'Affranchie (2017), Cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com L’estomac ligoté à des ficelles de hamacUn suspens de membres lourdsComme une somnolence écrasante Le sang court dans les vaisseauxLe sang transite jusqu’au cœur Une secousse de volcan Et ça tire dans le bas-ventre, ça aspire jusqu’à son lit Ça circule, ça bouge, ça émulsionne, ça bouillonne, ça crampe, ça vibre et ça respireJe suis une forêt !Atomes, molécules, organites, cellules, fœtus, être humain :Elle est démente cette énergie ! Elle est Folle ! Elle pousse, elle tire Ça tire en dessous de la peau Et tous les muscles se tendent vers l’unique point de combat Et s’épuisent et relâchent et s’essoufflent de nausée Et tombent dans un sommeil inépuisable </description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">3fa7c269-ec5a-4415-954d-da79a4104942</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149567/podcast_149567_5V77s.mp3" type="audio/mpeg" length="792623"/><itunes:summary>Fatigue Lumineuse in L'Affranchie (2017), Cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com L’estomac ligoté à des ficelles de hamacUn suspens de membres lourdsComme une somnolence écrasante Le sang court dans les vaisseauxLe sang transite jusqu’au cœur Une secousse de volcan Et ça tire dans le bas-ventre, ça aspire jusqu’à son lit Ça circule, ça bouge, ça émulsionne, ça bouillonne, ça crampe, ça vibre et ça respireJe suis une forêt !Atomes, molécules, organites, cellules, fœtus, être humain :Elle est démente cette énergie ! Elle est Folle ! Elle pousse, elle tire Ça tire en dessous de la peau Et tous les muscles se tendent vers l’unique point de combat Et s’épuisent et relâchent et s’essoufflent de nausée Et tombent dans un sommeil inépuisable </itunes:summary><itunes:keywords>poésie, éveil, grossesse, fantastique, idées de la nuit</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:08</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149567/origin_149567_iR7V8.jpeg"/></item><item><title>Insomnies, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/149484</link><pubDate>Mon, 08 Jun 2020 15:25:08 +0200</pubDate><description>Insomnies in Poésies Nocturnes (2020), Cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comLourde fatigue du renoncementComme Oblomov en ses appartementsGuide mon corps jusques en son tourmentVoyage le rêve et l'apaisementTour à tour l'ange au visage voiléEt l'hybride monstrueuse affaméeDe mon ventre les entrailles trouéesHurlent la douleur belle exacerbéeJe veux mon sommeil noir transi et beauTombé d'amour qui vogue sur les eauxImmobile langueur douce évasionM'emporte et m 'éveille en contemplation</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">806678a2-156e-4790-9f35-67f8d7fbf921</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149484/podcast_149484_b41Vt.mp3" type="audio/mpeg" length="498439"/><itunes:summary>Insomnies in Poésies Nocturnes (2020), Cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comLourde fatigue du renoncementComme Oblomov en ses appartementsGuide mon corps jusques en son tourmentVoyage le rêve et l'apaisementTour à tour l'ange au visage voiléEt l'hybride monstrueuse affaméeDe mon ventre les entrailles trouéesHurlent la douleur belle exacerbéeJe veux mon sommeil noir transi et beauTombé d'amour qui vogue sur les eauxImmobile langueur douce évasionM'emporte et m 'éveille en contemplation</itunes:summary><itunes:keywords>poésie, langueur, rêve, sommeil, idées de la nuit</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:44</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149484/origin_149484_dClNi.jpeg"/></item><item><title>Quintils du Désir amoureux</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/149358</link><pubDate>Fri, 05 Jun 2020 11:44:06 +0200</pubDate><description>Quintils du Désir amoureux in Strophes Numérales et autres jeux escargotiens (2017-18)Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comDe son gant d’airTa peauExploite les infinités de ma chairElle explore en frissonnantL’essaim de sa moitiéJe voulais en t’aimantT’offrir la même douceurLe même parfumJe te chéris à l'absoluSans boniment authentiqueJe suis partout à la foisEt dans tous mes étatsMon corps pénétrableMe bouleverseEn une pensée quantiqueLa violence de ton imageM’attire chaque nuitDans un songe sybaritePuis j’essore à l’éveilUn cœur gorgé d’un dégluti concupiscentMais dans ton silence j’entendsLa magnificence du souvenir négligéL’indifférence du désirLes mots dans la brutalitéLa méprise de deux amantsAlors s’étendent à nos enfantsL’exhalaison du tourmentL’exhortation aux cris des larmesEt dans la déraisonUne rivalité sans puissance</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">59024dde-081f-4214-8584-29fc718ecd0e</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149358/podcast_149358_kU5Ur.mp3" type="audio/mpeg" length="869424"/><itunes:summary>Quintils du Désir amoureux in Strophes Numérales et autres jeux escargotiens (2017-18)Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comDe son gant d’airTa peauExploite les infinités de ma chairElle explore en frissonnantL’essaim de sa moitiéJe voulais en t’aimantT’offrir la même douceurLe même parfumJe te chéris à l'absoluSans boniment authentiqueJe suis partout à la foisEt dans tous mes étatsMon corps pénétrableMe bouleverseEn une pensée quantiqueLa violence de ton imageM’attire chaque nuitDans un songe sybaritePuis j’essore à l’éveilUn cœur gorgé d’un dégluti concupiscentMais dans ton silence j’entendsLa magnificence du souvenir négligéL’indifférence du désirLes mots dans la brutalitéLa méprise de deux amantsAlors s’étendent à nos enfantsL’exhalaison du tourmentL’exhortation aux cris des larmesEt dans la déraisonUne rivalité sans puissance</itunes:summary><itunes:keywords>poésie, séparation, désir, idées de la nuit, famille</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:14</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149358/origin_149358_q2eH9.jpeg"/></item><item><title>Nuit de Pluies, cycle Alice Albert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/149355</link><pubDate>Fri, 05 Jun 2020 11:03:42 +0200</pubDate><description>Nuit de pluies in Poésies Nocturnes (2020), Cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comNuit de pluies dans l'obsolescence du labeurUne fatigue ample décrypte mes deux pleursVent doux de printemps sous l'écorce des paupièresTremble les chants d'oiseaux, les chants stridents des pierresCelui qui boit sur le cil de notre vieillesseL'amour échappé des eaux sans nulle liesseFoudre de la solitude désemparéeCouvre cette lueur au loin sur les marées.Chaleur au creux de la main triste évaporée Dans ce poing lourd et blême qui cherche à tuerPlus de battement d'aile, plus de chant d'oiseauJuste la plume douloureuse sur ma peauLe reflet des myriades de caresses teintUn nid de tristesse comme un poing vide atteintAbsences effondrées peignent des rubis creuxEt suivent ta lenteur d'âmes pétries de feux</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">54c86f43-64a0-4bfd-af41-84bcac3cc1a5</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149355/podcast_149355_m5zVp.mp3" type="audio/mpeg" length="792794"/><itunes:summary>Nuit de pluies in Poésies Nocturnes (2020), Cycle Alice AlbertIllustration : Xabier Moingeon - 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https://xabiermoingeon.wordpress.com On a frappé à la porteTu n'as pas ouvertTu convoquais à ce moment la blancheur des dés prêts à être lancésEt le corbeau de Monsieur PoeAinsi que la noirceur maléfique des mères de MelvilleEt les pas autour du marcheur éthiopienEt les femmes de la Patagonie qui sont assises en fin de journée au bord d'insondables glaciers. Tu suivais avec extase le parcours de celui qui achetait des revues, du tabac, des souvenirs, Et voyait les trains s'enfuir dans la gare de Munich.Mais la rue dans laquelle je te retrouve et je te perds,Garçon auquel on a oublié de dire que tu avais encore du papier, bon à être froissé entre les dents. C'est vrai, on a frappé à la porte mais tu ne pouvais pas ouvrir, Dans cette maison où seule survit la mémoire trouble des poèmes aimés, Plus personne, plus rien, Par-delà le mur de boue et la boîte à chaussure remplie de syllabes précieuses,Et une petite table avec un albatros empaillé pour surveiller ton âme. Dans un coin de la pièce, la cigarette continue de brûler, Au bout des doigts de ton portrait caché, Derrière le canapé,Tourné vers le mur, Comme toi couvert de moisissures, de craintes et d'ennui.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">d03f39c8-f7c5-4e98-bc4a-b27d218bcf23</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149245/podcast_149245_5HmDd.mp3" type="audio/mpeg" length="1166653"/><itunes:summary>Fantômes, Al Berto (1948-1997)Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com On a frappé à la porteTu n'as pas ouvertTu convoquais à ce moment la blancheur des dés prêts à être lancésEt le corbeau de Monsieur PoeAinsi que la noirceur maléfique des mères de MelvilleEt les pas autour du marcheur éthiopienEt les femmes de la Patagonie qui sont assises en fin de journée au bord d'insondables glaciers. Tu suivais avec extase le parcours de celui qui achetait des revues, du tabac, des souvenirs, Et voyait les trains s'enfuir dans la gare de Munich.Mais la rue dans laquelle je te retrouve et je te perds,Garçon auquel on a oublié de dire que tu avais encore du papier, bon à être froissé entre les dents. C'est vrai, on a frappé à la porte mais tu ne pouvais pas ouvrir, Dans cette maison où seule survit la mémoire trouble des poèmes aimés, Plus personne, plus rien, Par-delà le mur de boue et la boîte à chaussure remplie de syllabes précieuses,Et une petite table avec un albatros empaillé pour surveiller ton âme. Dans un coin de la pièce, la cigarette continue de brûler, Au bout des doigts de ton portrait caché, Derrière le canapé,Tourné vers le mur, Comme toi couvert de moisissures, de craintes et d'ennui.</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, poésie, fantastique</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:40</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149245/origin_149245_zDmXz.jpeg"/></item><item><title>Fragments d'un Journal d'enfer, Antonin Artaud</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/149058</link><pubDate>Fri, 29 May 2020 12:10:11 +0200</pubDate><description>Fragments d'un Journal d'enfer (1925), Antonin ArtaudExtraitIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com Un grand froid, une atroce abstinence, les limbes d'un cauchemar d'os et de muscles, avec le sentiment des fonctions stomacales qui claquent comme un drapeau dans les phosphorescences de l'orage. Images larvaires qui se poussent comme avec le doigt et ne sont en relations avec aucune matière.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">9aa79e63-5c22-4ba9-b605-05255c978472</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149058/podcast_149058_6WaEp.mp3" type="audio/mpeg" length="354640"/><itunes:summary>Fragments d'un Journal d'enfer (1925), Antonin ArtaudExtraitIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com Un grand froid, une atroce abstinence, les limbes d'un cauchemar d'os et de muscles, avec le sentiment des fonctions stomacales qui claquent comme un drapeau dans les phosphorescences de l'orage. Images larvaires qui se poussent comme avec le doigt et ne sont en relations avec aucune matière.</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, tourment</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:29</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/149058/origin_149058_hX44z.jpeg"/></item><item><title>Âme de Serre, Maurice Maeterlinck</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148963</link><pubDate>Wed, 27 May 2020 13:03:02 +0200</pubDate><description>Âme de Serre in SerresChaudes (1912), Maurice MaeterlinckIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comJe vois des songes dans mes yeux ;Et mon âme enclose sous verre,Éclairant sa mobile serre,Affleure les vitrages bleus.Ô les serres de l’âme tiède,Les lys contre les verres clos,Les roseaux éclos sous leurs eaux,Et tous mes désirs sans remède !Je voudrais atteindre, à traversL’oubli de mes pupilles closes,Les ombelles autrefois rosesDe tous mes songes entr’ouverts…J’attends pour voir leurs feuilles mortesReverdir un peu dans mes yeux ;J’attends que la lune aux doigts bleusEntr’ouvre en silence les portes.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">bdc960fe-a1cd-4b31-9de1-51f033356889</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148963/podcast_148963_8Td8q.mp3" type="audio/mpeg" length="570017"/><itunes:summary>Âme de Serre in SerresChaudes (1912), Maurice MaeterlinckIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comJe vois des songes dans mes yeux ;Et mon âme enclose sous verre,Éclairant sa mobile serre,Affleure les vitrages bleus.Ô les serres de l’âme tiède,Les lys contre les verres clos,Les roseaux éclos sous leurs eaux,Et tous mes désirs sans remède !Je voudrais atteindre, à traversL’oubli de mes pupilles closes,Les ombelles autrefois rosesDe tous mes songes entr’ouverts…J’attends pour voir leurs feuilles mortesReverdir un peu dans mes yeux ;J’attends que la lune aux doigts bleusEntr’ouvre en silence les portes.</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, poésie, solitude, mélancolie, captivité</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:48</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148963/origin_148963_bL8K6.jpeg"/></item><item><title>Le Bateau ivre, Arthur Rimbaud</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148907</link><pubDate>Tue, 26 May 2020 13:19:06 +0200</pubDate><description>Le Bateau ivre in Poésies (1871), Arthur RimbaudIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comComme je descendais des Fleuves impassibles,Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.J’étais insoucieux de tous les équipages,Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.Dans les clapotements furieux des marées,Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,Je courus ! Et les Péninsules démarréesN’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.La tempête a béni mes éveils maritimes.Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flotsQu’on appelle rouleurs éternels de victimes,Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sûres,L’eau verte pénétra ma coque de sapinEt des taches de vins bleus et des vomissuresMe lava, dispersant gouvernail et grappin.Et dès lors, je me suis baigné dans le PoèmeDe la Mer, infusé d’astres, et lactescent,Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blêmeEt ravie, un noyé pensif parfois descend ;Où, teignant tout à coup les bleuités, déliresEt rhythmes lents sous les rutilements du jour,Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,Fermentent les rousseurs amères de l’amour !Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombesEt les ressacs et les courants : je sais le soir,L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,Illuminant de longs figements violets,Pareils à des acteurs de drames très antiquesLes flots roulant au loin leurs frissons de volets !J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,La circulation des sèves inouïes,Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheriesHystériques, la houle à l’assaut des récifs,Sans songer que les pieds lumineux des MariesPussent forcer le mufle aux Océans poussifs !J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables FloridesMêlant aux fleurs des yeux de panthères à peauxD’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des bridesSous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !(...)</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">6e63cc1f-272f-430e-bf04-2b8f0381398c</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148907/podcast_148907_5Kx65.mp3" type="audio/mpeg" length="4232759"/><itunes:summary>Le Bateau ivre in Poésies (1871), Arthur RimbaudIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comComme je descendais des Fleuves impassibles,Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.J’étais insoucieux de tous les équipages,Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,Les Fleuves m’ont laissé descendre où je voulais.Dans les clapotements furieux des marées,Moi, l’autre hiver, plus sourd que les cerveaux d’enfants,Je courus ! Et les Péninsules démarréesN’ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.La tempête a béni mes éveils maritimes.Plus léger qu’un bouchon j’ai dansé sur les flotsQu’on appelle rouleurs éternels de victimes,Dix nuits, sans regretter l’oeil niais des falots !Plus douce qu’aux enfants la chair des pommes sûres,L’eau verte pénétra ma coque de sapinEt des taches de vins bleus et des vomissuresMe lava, dispersant gouvernail et grappin.Et dès lors, je me suis baigné dans le PoèmeDe la Mer, infusé d’astres, et lactescent,Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blêmeEt ravie, un noyé pensif parfois descend ;Où, teignant tout à coup les bleuités, déliresEt rhythmes lents sous les rutilements du jour,Plus fortes que l’alcool, plus vastes que nos lyres,Fermentent les rousseurs amères de l’amour !Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombesEt les ressacs et les courants : je sais le soir,L’Aube exaltée ainsi qu’un peuple de colombes,Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir !J’ai vu le soleil bas, taché d’horreurs mystiques,Illuminant de longs figements violets,Pareils à des acteurs de drames très antiquesLes flots roulant au loin leurs frissons de volets !J’ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,La circulation des sèves inouïes,Et l’éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs !J’ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheriesHystériques, la houle à l’assaut des récifs,Sans songer que les pieds lumineux des MariesPussent forcer le mufle aux Océans poussifs !J’ai heurté, savez-vous, d’incroyables FloridesMêlant aux fleurs des yeux de panthères à peauxD’hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des bridesSous l’horizon des mers, à de glauques troupeaux !(...)</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, poésie, fantastique, bateau</itunes:keywords><itunes:duration>00:05:39</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148907/origin_148907_q1cIu.jpeg"/></item><item><title>Séguedille, 	Paul Verlaine</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148762</link><pubDate>Fri, 22 May 2020 19:52:32 +0200</pubDate><description>Séguedille in Parallèlement (1889), Paul VerlaineIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com Brune encore non eue,Je te veux presque nueSur un canapé noirDans un jaune boudoir,Comme en mil huit cent trente.Presque nue et non nueA travers une nueDe dentelles montrantTa chair où va courantMa bouche délirante.Je te veux trop rieuseEt très impérieuse,Méchante et mauvaise etPire s’il te plaisait,Mais si luxurieuse !Ah ! ton corps noir et roseEt clair de lune ! Ah ! poseTon coude sur mon cœur,Et tout ton corps vainqueur,Tout ton corps que j’adore !Ah ! ton corps, qu’il reposeSur mon âme moroseEt l’étouffe s’il le peut,Si ton caprice veut !Encore, encore, encore !Splendides, glorieuses,Bellement furieusesDans leurs jeunes ébats,Fous mon orgueil en basSous tes fesses joyeuses !</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">20d25179-eaa8-4740-91e3-aa947bd58c70</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148762/podcast_148762_n3nF7.mp3" type="audio/mpeg" length="880983"/><itunes:summary>Séguedille in Parallèlement (1889), Paul VerlaineIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com Brune encore non eue,Je te veux presque nueSur un canapé noirDans un jaune boudoir,Comme en mil huit cent trente.Presque nue et non nueA travers une nueDe dentelles montrantTa chair où va courantMa bouche délirante.Je te veux trop rieuseEt très impérieuse,Méchante et mauvaise etPire s’il te plaisait,Mais si luxurieuse !Ah ! ton corps noir et roseEt clair de lune ! Ah ! poseTon coude sur mon cœur,Et tout ton corps vainqueur,Tout ton corps que j’adore !Ah ! ton corps, qu’il reposeSur mon âme moroseEt l’étouffe s’il le peut,Si ton caprice veut !Encore, encore, encore !Splendides, glorieuses,Bellement furieusesDans leurs jeunes ébats,Fous mon orgueil en basSous tes fesses joyeuses !</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, poésie, érotisme</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:09</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148762/origin_148762_2BlGx.jpeg"/></item><item><title>Vallée de Mexico, Octavio Paz</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148705</link><pubDate>Thu, 21 May 2020 18:50:28 +0200</pubDate><description>Vallée de Mexico in Liberté sur Parole (1968), Octavio PazIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com Le jour déploie son corps transparent. De ses grands marteaux invisibles, la lumière me frappe. Attaché à la pierre solaire, je ne suis qu’une pause entre deux vibrations : le point vif, aiguisé, le point fixe, intersection de ces deux regards qui s’ignorent et qui se retrouvent en moi. Pactisent-ils ? Je suis l’espace pur, le champ de bataille. A travers mon corps, je vois mon autre corps. La pierre scintille. Le soleil m’arrache les yeux. Dans mes orbites vides, deux astres lissent leurs plumes rouges. Splendeur, spirale d’ailes et bec féroce. Et maintenant, mes yeux chantent. Penche-toi sur leur chant, jette-toi dans le bûcher.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">3afa90ac-82a1-4782-83ae-2ba1df73ea34</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148705/podcast_148705_s95N5.mp3" type="audio/mpeg" length="650668"/><itunes:summary>Vallée de Mexico in Liberté sur Parole (1968), Octavio PazIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com Le jour déploie son corps transparent. De ses grands marteaux invisibles, la lumière me frappe. Attaché à la pierre solaire, je ne suis qu’une pause entre deux vibrations : le point vif, aiguisé, le point fixe, intersection de ces deux regards qui s’ignorent et qui se retrouvent en moi. Pactisent-ils ? Je suis l’espace pur, le champ de bataille. A travers mon corps, je vois mon autre corps. La pierre scintille. Le soleil m’arrache les yeux. Dans mes orbites vides, deux astres lissent leurs plumes rouges. Splendeur, spirale d’ailes et bec féroce. Et maintenant, mes yeux chantent. Penche-toi sur leur chant, jette-toi dans le bûcher.</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, réalisme magique, poésie latino, expérience</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:54</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148705/origin_148705_jZa58.jpeg"/></item><item><title>Expérience des Vers Dorés de Gérard de Nerval</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148664</link><pubDate>Wed, 20 May 2020 11:16:07 +0200</pubDate><description>Expérience double des Vers Dorés de Gérard de NervalVers Dorés in Les Filles du feu, Chimères (1854) Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com Homme ! libre penseur - te crois-tu seul pensantDans ce monde où la vie éclate en toute chose :Des forces que tu tiens ta liberté dispose,Mais de tous tes conseils l'univers est absent.Respecte dans la bête un esprit agissant : ...Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;Un mystère d'amour dans le métal repose :"Tout est sensible ! " - Et tout sur ton être est puissant !Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épieA la matière même un verbe est attaché ...Ne la fais pas servir à quelque usage impie !Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ;Et comme un oeil naissant couvert par ses paupières,Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">591c8d03-4e56-44fb-ba06-0e939f27c94e</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148664/podcast_148664_eHq1u.mp3" type="audio/mpeg" length="785048"/><itunes:summary>Expérience double des Vers Dorés de Gérard de NervalVers Dorés in Les Filles du feu, Chimères (1854) Illustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com Homme ! libre penseur - te crois-tu seul pensantDans ce monde où la vie éclate en toute chose :Des forces que tu tiens ta liberté dispose,Mais de tous tes conseils l'univers est absent.Respecte dans la bête un esprit agissant : ...Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;Un mystère d'amour dans le métal repose :"Tout est sensible ! " - Et tout sur ton être est puissant !Crains dans le mur aveugle un regard qui t'épieA la matière même un verbe est attaché ...Ne la fais pas servir à quelque usage impie !Souvent dans l'être obscur habite un Dieu caché ;Et comme un oeil naissant couvert par ses paupières,Un pur esprit s'accroît sous l'écorce des pierres !</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, dieu, nature, poésie, symbolique biblique</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:59</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148664/origin_148664_5W5Pr.jpeg"/></item><item><title>Eveil, Tristan TZARA</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148611</link><pubDate>Tue, 19 May 2020 11:27:11 +0200</pubDate><description>Éveil in Midis Gagnés (1939), Tristan TzaraIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com  Hâte-toi vers la joie immense et terrestre, c'est la coupe des paupières qui cogne en dansant contre la paroi de nuit. Assez de la mort explicite, allègre mort utilisée jusqu'au vernis de l'ongle, jeunesse perdue dans les apostrophes de l'hypocrisie ! Assez des ternes souffles des cœurs tressés dans les paniers salubres ! Hâte-toi vers la joie humaine qui est inscrite sur ton front comme une dette indélébile !Une nouvelle forme de crudité estivale est en train de descendre sur la brume du monde en flocons d'herbe lente et de la couvrir d'une mince couche de joie, prévue d'un glorieux avenir pressenti dans l'acier. Hâte-toi, c'est de la joie humaine et brillante qui t'attend au détour de ce monde démembré, que l'on parle dans la langue de l'asphalte ! Il y a des revers, des sources scellés, des lèvres sur des tambourins et des yeux sans indifférence. Le sel et le feu t'attendent sur la colline minérale de l'incandescence de vivre.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">233fd490-a663-4944-9c74-1446a0b84b00</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148611/podcast_148611_sIbDl.mp3" type="audio/mpeg" length="664996"/><itunes:summary>Éveil in Midis Gagnés (1939), Tristan TzaraIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.com  Hâte-toi vers la joie immense et terrestre, c'est la coupe des paupières qui cogne en dansant contre la paroi de nuit. Assez de la mort explicite, allègre mort utilisée jusqu'au vernis de l'ongle, jeunesse perdue dans les apostrophes de l'hypocrisie ! Assez des ternes souffles des cœurs tressés dans les paniers salubres ! Hâte-toi vers la joie humaine qui est inscrite sur ton front comme une dette indélébile !Une nouvelle forme de crudité estivale est en train de descendre sur la brume du monde en flocons d'herbe lente et de la couvrir d'une mince couche de joie, prévue d'un glorieux avenir pressenti dans l'acier. Hâte-toi, c'est de la joie humaine et brillante qui t'attend au détour de ce monde démembré, que l'on parle dans la langue de l'asphalte ! Il y a des revers, des sources scellés, des lèvres sur des tambourins et des yeux sans indifférence. Le sel et le feu t'attendent sur la colline minérale de l'incandescence de vivre.</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, surréalisme, dada, écriture automatique, éveil</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:06</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148611/origin_148611_u6cJd.jpeg"/></item><item><title>La Vie profonde, Anna de Noailles</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148551</link><pubDate>Mon, 18 May 2020 09:57:36 +0200</pubDate><description>La Vie profonde in Le Coeur innombrable (1901), Anna de NoaillesIllustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comÊtre dans la nature ainsi qu'un arbre humain, Étendre ses désirs comme un profond feuillage, Et sentir, par la nuit paisible et par l'orage, La sève universelle affluer dans ses mains !Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face, Boire le sel ardent des embruns et des pleurs, Et goûter chaudement la joie et la douleur Qui font une buée humaine dans l'espace !Sentir, dans son coeur vif, l'air, le feu et le sang Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre. - S'élever au réel et pencher au mystère, Être le jour qui monte et l'ombre qui descend.Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise, Laisser du coeur vermeil couler la flamme et l'eau, Et comme l'aube claire appuyée au coteau Avoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">db31e956-98e0-4863-ace5-7670bfbd8350</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148551/podcast_148551_d5iX1.mp3" type="audio/mpeg" length="660192"/><itunes:summary>La Vie profonde in Le Coeur innombrable (1901), Anna de NoaillesIllustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comÊtre dans la nature ainsi qu'un arbre humain, Étendre ses désirs comme un profond feuillage, Et sentir, par la nuit paisible et par l'orage, La sève universelle affluer dans ses mains !Vivre, avoir les rayons du soleil sur la face, Boire le sel ardent des embruns et des pleurs, Et goûter chaudement la joie et la douleur Qui font une buée humaine dans l'espace !Sentir, dans son coeur vif, l'air, le feu et le sang Tourbillonner ainsi que le vent sur la terre. - S'élever au réel et pencher au mystère, Être le jour qui monte et l'ombre qui descend.Comme du pourpre soir aux couleurs de cerise, Laisser du coeur vermeil couler la flamme et l'eau, Et comme l'aube claire appuyée au coteau Avoir l'âme qui rêve, au bord du monde assise...</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, nature, vie, arbre, poésie</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:06</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148551/origin_148551_yC4Kc.jpeg"/></item><item><title>Les Enfants qui s’aiment, Jacques Prévert</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148517</link><pubDate>Sun, 17 May 2020 10:47:16 +0200</pubDate><description>Les Enfants qui s’aiment in Spectacle (1951), Jacques PrévertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comLes enfants qui s’aiment s’embrassent deboutContre les portes de la nuitEt les passants qui passent les désignent du doigtMais les enfants qui s’aimentNe sont là pour personneEt c’est seulement leur ombreQui tremble dans la nuitExcitant la rage des passantsLeur rage leur mépris leurs rires et leur envieLes enfants qui s’aiment ne sont là pour personneIls sont ailleurs bien plus loin que la nuitBien plus haut que le jourDans l’éblouissante clarté de leur premier amour.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">7c896aac-1943-4270-b406-50e9fab10cd3</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148517/podcast_148517_vJuKx.mp3" type="audio/mpeg" length="358752"/><itunes:summary>Les Enfants qui s’aiment in Spectacle (1951), Jacques PrévertIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comLes enfants qui s’aiment s’embrassent deboutContre les portes de la nuitEt les passants qui passent les désignent du doigtMais les enfants qui s’aimentNe sont là pour personneEt c’est seulement leur ombreQui tremble dans la nuitExcitant la rage des passantsLeur rage leur mépris leurs rires et leur envieLes enfants qui s’aiment ne sont là pour personneIls sont ailleurs bien plus loin que la nuitBien plus haut que le jourDans l’éblouissante clarté de leur premier amour.</itunes:summary><itunes:keywords>spectacle, littérature, amour, enfants, poésie</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:36</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148517/origin_148517_cIdH4.jpeg"/></item><item><title>Ode à la foule qui est ici, Jules Romains</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148482</link><pubDate>Sat, 16 May 2020 16:08:36 +0200</pubDate><description>Ode à la foule qui est ici in Odes et Prières (1913), Jules RomainsIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comO Foule ! Te voici dans le creux du théâtre,Docile aux murs, moulant ta chair à la carcasse ;Et tes rangs noirs partent de moi comme un reflux.Tu es.           Cette lumière où je suis est à toi.Tu couves la clarté sous tes ailes trop lourdes,Et tu l’aimes ainsi qu’une aigle aime ses œufs.La ville est là, tout près, mais tu ne l’entends plus ;Elle aura beau gonfler la rumeur de ses rues,Frapper contre tes murs et vouloir que tu meures,Tu ne l’entendras pas, et tu seras, ô Foule !Pleine de ton silence unique et de ma voix.Tu es chaude comme le dedans d’une chair ;Tes yeux, chacun des yeux que tu tournes vers moi,Je ne vois pas si sa prunelle est noire ou bleue ;Mais je sens qu’il me touche ; qu’il m’entre son feuDans la poitrine, et je les sens, tous à la fois,Se croiser sous ma peau comme un millier d’épées ;Tu me brûles. Pourtant tu ne me tueras pas.La flamme que tes corps ne peuvent plus garderA ruisselé le long des nerfs et des regardsEt se ramasse en moi qui deviens son cratère.Écoute ! Peu à peu, la voix sort de ma chair ;Elle monte, elle tremble et tu trembles.                                                              ÉprouveL’ascension de ma parole à travers toi.Elle te cherche, elle te trouve, elle te prend ;Elle entoure soudain tes âmes qui se rendent ;Elle est en toi l’invasion et la victoire.Les mots que je te dis, il faut que tu les penses !Ils pénètrent en rang dans les têtes penchées,Ils s’installent brutalement, ils sont les maîtres ;Ils poussent, ils bousculent, ils jettent dehorsL’âme qui s’y logeait comme une vieille en pleurs.Tout ce qu’ils méditaient, les gens qui sont ici,Cette peine qu’ils traînent depuis des années ;Le chagrin né d’hier qui grandit ; la douleurDont ils ne parlent pas, dont ils ne parlerontJamais, et qui, le soir, leur fait manger leurs larmes ;Et même ce désir qui dessèche les lèvres,Il n’en faut plus ! Je n’en veux plus ! Je chasse tout !Foule ! Ton âme entière est debout dans mon corps.Une force d’acier dont je tiens les deux boutsPerce de part en part ta masse, et la recourbe.Ta forme est moi. Tes gradins et tes galeries,C’est moi qui les empoigne ensemble et qui les plie,Comme un paquet de souples joncs, sur mon genou.(...)</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">4a53c6d1-e1a3-4239-bcc4-e15d0fca97cf</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148482/podcast_148482_3O3P0.mp3" type="audio/mpeg" length="1959792"/><itunes:summary>Ode à la foule qui est ici in Odes et Prières (1913), Jules RomainsIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comO Foule ! Te voici dans le creux du théâtre,Docile aux murs, moulant ta chair à la carcasse ;Et tes rangs noirs partent de moi comme un reflux.Tu es.           Cette lumière où je suis est à toi.Tu couves la clarté sous tes ailes trop lourdes,Et tu l’aimes ainsi qu’une aigle aime ses œufs.La ville est là, tout près, mais tu ne l’entends plus ;Elle aura beau gonfler la rumeur de ses rues,Frapper contre tes murs et vouloir que tu meures,Tu ne l’entendras pas, et tu seras, ô Foule !Pleine de ton silence unique et de ma voix.Tu es chaude comme le dedans d’une chair ;Tes yeux, chacun des yeux que tu tournes vers moi,Je ne vois pas si sa prunelle est noire ou bleue ;Mais je sens qu’il me touche ; qu’il m’entre son feuDans la poitrine, et je les sens, tous à la fois,Se croiser sous ma peau comme un millier d’épées ;Tu me brûles. Pourtant tu ne me tueras pas.La flamme que tes corps ne peuvent plus garderA ruisselé le long des nerfs et des regardsEt se ramasse en moi qui deviens son cratère.Écoute ! Peu à peu, la voix sort de ma chair ;Elle monte, elle tremble et tu trembles.                                                              ÉprouveL’ascension de ma parole à travers toi.Elle te cherche, elle te trouve, elle te prend ;Elle entoure soudain tes âmes qui se rendent ;Elle est en toi l’invasion et la victoire.Les mots que je te dis, il faut que tu les penses !Ils pénètrent en rang dans les têtes penchées,Ils s’installent brutalement, ils sont les maîtres ;Ils poussent, ils bousculent, ils jettent dehorsL’âme qui s’y logeait comme une vieille en pleurs.Tout ce qu’ils méditaient, les gens qui sont ici,Cette peine qu’ils traînent depuis des années ;Le chagrin né d’hier qui grandit ; la douleurDont ils ne parlent pas, dont ils ne parlerontJamais, et qui, le soir, leur fait manger leurs larmes ;Et même ce désir qui dessèche les lèvres,Il n’en faut plus ! Je n’en veux plus ! Je chasse tout !Foule ! Ton âme entière est debout dans mon corps.Une force d’acier dont je tiens les deux boutsPerce de part en part ta masse, et la recourbe.Ta forme est moi. Tes gradins et tes galeries,C’est moi qui les empoigne ensemble et qui les plie,Comme un paquet de souples joncs, sur mon genou.(...)</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, poètes, écoute, oralité, théâtre</itunes:keywords><itunes:duration>00:03:16</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148482/origin_148482_zC9Wr.jpeg"/></item><item><title>Poèmes à la nuit, Extrait, Rainer Maria Rilke</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148373</link><pubDate>Fri, 15 May 2020 10:15:55 +0200</pubDate><description>Poèmes à la nuit, extrait, (écrits entre 1913 et 1916, inachevés), Rainer Maria RilkeIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comUn tel souffle, ne l’ai-je pas puisé au flux des minuits,pour l’amour de toi, afin que tu vinssesun jour ?Parce que j’espérais apaiser ton visagepar des splendeurs à la force presque intacte,une fois que dans l’infini de ce que j’en supposeil reposerait en face du mien.Sans bruit, de l’espace advenait à mes traits ;afin de suffire au grand regard levé en toi,mon sang miroitait et s’approfondissait. Quand à travers la pâle division de l’olivierla nuit régnait avec plus de force, de toutes ses étoiles,je me dressais, je me tenais debout et merenversais en arrière, et recevais la leçondont jamais ensuite je n’ai compris qu’elle venait de toi. Ô quelle forte parole fut semée en moipour que si jamais ton sourire advient,par mon regard je transfère sur toi l’espace du monde.Mais tu ne viens pas, ou tu viens trop tard.Jetez-vous, anges, sur ce champ de linbleu. Anges, anges, fauchez.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">29d851ee-d3d7-4118-923e-7b3132bc512d</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148373/podcast_148373_cH7Mk.mp3" type="audio/mpeg" length="678198"/><itunes:summary>Poèmes à la nuit, extrait, (écrits entre 1913 et 1916, inachevés), Rainer Maria RilkeIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comUn tel souffle, ne l’ai-je pas puisé au flux des minuits,pour l’amour de toi, afin que tu vinssesun jour ?Parce que j’espérais apaiser ton visagepar des splendeurs à la force presque intacte,une fois que dans l’infini de ce que j’en supposeil reposerait en face du mien.Sans bruit, de l’espace advenait à mes traits ;afin de suffire au grand regard levé en toi,mon sang miroitait et s’approfondissait. Quand à travers la pâle division de l’olivierla nuit régnait avec plus de force, de toutes ses étoiles,je me dressais, je me tenais debout et merenversais en arrière, et recevais la leçondont jamais ensuite je n’ai compris qu’elle venait de toi. Ô quelle forte parole fut semée en moipour que si jamais ton sourire advient,par mon regard je transfère sur toi l’espace du monde.Mais tu ne viens pas, ou tu viens trop tard.Jetez-vous, anges, sur ce champ de linbleu. Anges, anges, fauchez.</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, nuit, poésie, rêve, solitude</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:08</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148373/origin_148373_l3yW8.jpeg"/></item><item><title>L’Échappée, Andrée Chedid</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148370</link><pubDate>Fri, 15 May 2020 10:01:45 +0200</pubDate><description>L’Échappée, inédit pour le Printemps des poètes 2010, Andrée ChedidIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comJe glisse loin du tempsQui s’accumuleEt m’évade des jours multipliésJe dévie de cette duréeQui s’imprimeEt m’écarte de cette peauQue les ans ont minée.Je m’arroge les splendeursDe la fableM’emparant des cheminsSans mémoireJe découvre l’irréelEt me forge des portesSur les fictions.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">d4c7b176-15b5-4046-a91c-7017d1a5ccd9</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148370/podcast_148370_j9hMr.mp3" type="audio/mpeg" length="260854"/><itunes:summary>L’Échappée, inédit pour le Printemps des poètes 2010, Andrée ChedidIllustration : Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comJe glisse loin du tempsQui s’accumuleEt m’évade des jours multipliésJe dévie de cette duréeQui s’imprimeEt m’écarte de cette peauQue les ans ont minée.Je m’arroge les splendeursDe la fableM’emparant des cheminsSans mémoireJe découvre l’irréelEt me forge des portesSur les fictions.</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, poésie, printemps des poètes, vieillesse, vie</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:26</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148370/origin_148370_g19Kq.jpeg"/></item><item><title>Sous Le pont Mirabeau, Guillaume Apollinaire</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148229</link><pubDate>Thu, 14 May 2020 09:49:51 +0200</pubDate><description>Sous Le pont Mirabeau in Alcools (1913), Guillaume ApollinaireIllustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comSous le pont Mirabeau coule la Seine            Et nos amours       Faut-il qu'il m'en souvienneLa joie venait toujours après la peine      Vienne la nuit sonne l'heure     Les jours s'en vont je demeure Les mains dans les mains restons face à face            Tandis que sous       Le pont de nos bras passeDes éternels regards l'onde si lasse      Vienne la nuit sonne l'heure     Les jours s'en vont je demeure L'amour s'en va comme cette eau courante            L'amour s'en va       Comme la vie est lenteEt comme l'Espérance est violente      Vienne la nuit sonne l'heure     Les jours s'en vont je demeure Passent les jours et passent les semaines            Ni temps passé        Ni les amours reviennentSous le pont Mirabeau coule la Seine      Vienne la nuit sonne l'heure     Les jours s'en vont je demeureApollinaire dit son poème sur France Culture : https://youtu.be/5UGA_T4G3Ns</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">32c4b364-2b30-48fc-b87e-9d25eb98788c</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148229/podcast_148229_qS6J5.mp3" type="audio/mpeg" length="638372"/><itunes:summary>Sous Le pont Mirabeau in Alcools (1913), Guillaume ApollinaireIllustration :  Xabier Moingeon  -  https://xabiermoingeon.wordpress.comSous le pont Mirabeau coule la Seine            Et nos amours       Faut-il qu'il m'en souvienneLa joie venait toujours après la peine      Vienne la nuit sonne l'heure     Les jours s'en vont je demeure Les mains dans les mains restons face à face            Tandis que sous       Le pont de nos bras passeDes éternels regards l'onde si lasse      Vienne la nuit sonne l'heure     Les jours s'en vont je demeure L'amour s'en va comme cette eau courante            L'amour s'en va       Comme la vie est lenteEt comme l'Espérance est violente      Vienne la nuit sonne l'heure     Les jours s'en vont je demeure Passent les jours et passent les semaines            Ni temps passé        Ni les amours reviennentSous le pont Mirabeau coule la Seine      Vienne la nuit sonne l'heure     Les jours s'en vont je demeureApollinaire dit son poème sur France Culture : https://youtu.be/5UGA_T4G3Ns</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, poésie, amours, paris, vie</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:04</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148229/origin_148229_pWoSa.jpeg"/></item><item><title>À la fenêtre, pendant la nuit, Victor Hugo</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148138</link><pubDate>Wed, 13 May 2020 13:08:10 +0200</pubDate><description>À la Fenêtre, pendant la nuit in Les Contemplations (1856), Livre VI, « Au bord de l'infini », Victor HugoIllustration Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comILes étoiles, points d’or, percent les branches noires ;Le flot huileux et lourd décompose ses moiresSur l’océan blêmi ;Les nuages ont l’air d’oiseaux prenant la fuite ;Par moments le vent parle, et dit des mots sans suite,Comme un homme endormi.Tout s’en va. La nature est l’urne mal fermée.La tempête est écume et la flamme est fumée.Rien n’est hors du moment,L’homme n’a rien qu’il prenne, et qu’il tienne, et qu’il garde.Il tombe, heure par heure, et, ruine, il regardeLe monde, écroulement.L’astre est-il le point fixe en ce mouvant problème ?Ce ciel que nous voyons fut-il toujours le même ?Le sera-t-il toujours ?L’homme a-t-il sur son front des clartés éternelles ?Et verra-t-il toujours les mêmes sentinellesMonter aux mêmes tours ?IINuits, serez-vous pour nous toujours ce que vous êtes ?Pour toute vision, aurons-nous sur nos têtesToujours les mêmes cieux ?Dis, larve Aldebaran, réponds, spectre Saturne,Ne verrons-nous jamais sur le masque nocturneS’ouvrir de nouveaux yeux ?Ne verrons-nous jamais briller de nouveaux astres ?Et des cintres nouveaux, et de nouveaux pilastresLuire à notre oeil mortel,Dans cette cathédrale aux formidables porchesDont le septentrion éclaire avec sept torches,L’effrayant maître-autel ?A-t-il cessé, le vent qui fit naître ces roses,Sirius, Orion, toi, Vénus, qui reposesNotre oeil dans le péril ?Ne verrons-nous jamais sous ses grandes haleinesD’autres fleurs de lumière éclore dans les plainesDe l’éternel avril ?Savons-nous où le monde en est de son mystère ?Qui nous dit, à nous, joncs du marais, vers de terreDont la bave reluit,À nous qui n’avons pas nous-mêmes notre preuve,Que Dieu ne va pas mettre une tiare neuveSur le front de la nuit ?IIIDieu n’a-t-il plus de flamme à ses lèvres profondes ?N’en fait-il plus jaillir des tourbillons de mondes ?Parlez, Nord et Midi !N’emplit-il plus de lui sa création sainte ?Et ne souffle-t-il plus que d’une bouche éteinteSur l’être refroidi ?Quand les comètes vont et viennent, formidables,Apportant la lueur des gouffres insondables,À nos fronts soucieux,Brûlant, volant, peut-être âmes, peut-être mondes,Savons-nous ce que font toutes ces vagabondesQui courent dans nos cieux ?(...)</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">bca3c564-b3d2-404e-b410-fd6e19e8eb8b</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148138/podcast_148138_434Pf.mp3" type="audio/mpeg" length="3624675"/><itunes:summary>À la Fenêtre, pendant la nuit in Les Contemplations (1856), Livre VI, « Au bord de l'infini », Victor HugoIllustration Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comILes étoiles, points d’or, percent les branches noires ;Le flot huileux et lourd décompose ses moiresSur l’océan blêmi ;Les nuages ont l’air d’oiseaux prenant la fuite ;Par moments le vent parle, et dit des mots sans suite,Comme un homme endormi.Tout s’en va. La nature est l’urne mal fermée.La tempête est écume et la flamme est fumée.Rien n’est hors du moment,L’homme n’a rien qu’il prenne, et qu’il tienne, et qu’il garde.Il tombe, heure par heure, et, ruine, il regardeLe monde, écroulement.L’astre est-il le point fixe en ce mouvant problème ?Ce ciel que nous voyons fut-il toujours le même ?Le sera-t-il toujours ?L’homme a-t-il sur son front des clartés éternelles ?Et verra-t-il toujours les mêmes sentinellesMonter aux mêmes tours ?IINuits, serez-vous pour nous toujours ce que vous êtes ?Pour toute vision, aurons-nous sur nos têtesToujours les mêmes cieux ?Dis, larve Aldebaran, réponds, spectre Saturne,Ne verrons-nous jamais sur le masque nocturneS’ouvrir de nouveaux yeux ?Ne verrons-nous jamais briller de nouveaux astres ?Et des cintres nouveaux, et de nouveaux pilastresLuire à notre oeil mortel,Dans cette cathédrale aux formidables porchesDont le septentrion éclaire avec sept torches,L’effrayant maître-autel ?A-t-il cessé, le vent qui fit naître ces roses,Sirius, Orion, toi, Vénus, qui reposesNotre oeil dans le péril ?Ne verrons-nous jamais sous ses grandes haleinesD’autres fleurs de lumière éclore dans les plainesDe l’éternel avril ?Savons-nous où le monde en est de son mystère ?Qui nous dit, à nous, joncs du marais, vers de terreDont la bave reluit,À nous qui n’avons pas nous-mêmes notre preuve,Que Dieu ne va pas mettre une tiare neuveSur le front de la nuit ?IIIDieu n’a-t-il plus de flamme à ses lèvres profondes ?N’en fait-il plus jaillir des tourbillons de mondes ?Parlez, Nord et Midi !N’emplit-il plus de lui sa création sainte ?Et ne souffle-t-il plus que d’une bouche éteinteSur l’être refroidi ?Quand les comètes vont et viennent, formidables,Apportant la lueur des gouffres insondables,À nos fronts soucieux,Brûlant, volant, peut-être âmes, peut-être mondes,Savons-nous ce que font toutes ces vagabondesQui courent dans nos cieux ?(...)</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, poésie, ciel, constellations, nuit</itunes:keywords><itunes:duration>00:06:02</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148138/origin_148138_x79Cd.jpeg"/></item><item><title>Les Mûres, Francis Ponge</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148137</link><pubDate>Wed, 13 May 2020 13:01:48 +0200</pubDate><description>Les Mûres in Le Parti pris des choses (1942), Francis PongeIllustration Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comAux buissons typographiques constitués par le poème sur une route qui ne mène hors des choses ni à l’esprit, certains fruits sont formés d’une agglomération de sphères qu’une goutte d’encre remplit.                                      *    Noirs, roses et kakis ensemble sur la grappe, ils offrent plutôt le spectacle d’une famille rogue à ses âges divers, qu’une tentation très vive à la cueillette.   Vue la disproportion des pépins à la pulpe les oiseaux les apprécient peu, si peu de chose au fond leur reste quand du bec à l’anus ils en sont traversés.                                      *    Mais le poète au cours de sa promenade professionnelle, en prend de la graine à raison : « Ainsi donc, se dit-il, réussissent en grand nombre les efforts patients d’une fleur très fragile quoique par un rébarbatif enchevêtrement de ronces défendue. Sans beaucoup d’autres qualités, — mûres, parfaitement elles sont mûres — comme aussi ce poème est fait. »</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">9f1642f1-e75c-432b-8dbf-bb791d066b91</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148137/podcast_148137_aQ8Xn.mp3" type="audio/mpeg" length="678916"/><itunes:summary>Les Mûres in Le Parti pris des choses (1942), Francis PongeIllustration Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comAux buissons typographiques constitués par le poème sur une route qui ne mène hors des choses ni à l’esprit, certains fruits sont formés d’une agglomération de sphères qu’une goutte d’encre remplit.                                      *    Noirs, roses et kakis ensemble sur la grappe, ils offrent plutôt le spectacle d’une famille rogue à ses âges divers, qu’une tentation très vive à la cueillette.   Vue la disproportion des pépins à la pulpe les oiseaux les apprécient peu, si peu de chose au fond leur reste quand du bec à l’anus ils en sont traversés.                                      *    Mais le poète au cours de sa promenade professionnelle, en prend de la graine à raison : « Ainsi donc, se dit-il, réussissent en grand nombre les efforts patients d’une fleur très fragile quoique par un rébarbatif enchevêtrement de ronces défendue. Sans beaucoup d’autres qualités, — mûres, parfaitement elles sont mûres — comme aussi ce poème est fait. »</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, mûres, prose, poétique</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:08</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148137/origin_148137_0CwYz.jpeg"/></item><item><title>De L'ennui à l'amour, Paul Eluard</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148076</link><pubDate>Tue, 12 May 2020 18:07:58 +0200</pubDate><description>De l'ennui à l'amour, Paul Eluard (1895 - 1952)Illustration Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comEst-elle sortieEst-elle chez elleSa maison est ouverteJusqu'à leur abolition naturelle Il y a des différences plus séduisantes Entre un poing et une cloche Entre une pierre et une rose Entre la prison et l'air libre Qu'entre le poisson et la mer Le cerf et le vent L'homme et la femmeMon élément malgré les charmes du dehors J'entre tout s'assombritBuisson des métamorphoses Le lit teinté d'étoiles s'étend Comme un automne de brebis Descendant vers les brumes de ma solitude J'ai toujours eu peur du silence Il y naît des rires sans raisonMachines machinales aux roseaux de cambouis auxfrissons figés L'écœurant métal doux Plus stérile que la cendreFace aux rideaux apprêtés Le lit défait vivant et nu Redoutable oriflamme Son vol tranchant Éteint les jours franchit les nuits Redoutable oriflamme Contrée presque déserte PresqueCar taillée de toutes pièces pour le sommeil et l'amour Tu es debout auprès du litJe t'aime et je dors avec toi Écoute-moi.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">3914dee8-ba25-4a14-b4f9-53791333bc5c</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148076/podcast_148076_iLkCq.mp3" type="audio/mpeg" length="861356"/><itunes:summary>De l'ennui à l'amour, Paul Eluard (1895 - 1952)Illustration Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comEst-elle sortieEst-elle chez elleSa maison est ouverteJusqu'à leur abolition naturelle Il y a des différences plus séduisantes Entre un poing et une cloche Entre une pierre et une rose Entre la prison et l'air libre Qu'entre le poisson et la mer Le cerf et le vent L'homme et la femmeMon élément malgré les charmes du dehors J'entre tout s'assombritBuisson des métamorphoses Le lit teinté d'étoiles s'étend Comme un automne de brebis Descendant vers les brumes de ma solitude J'ai toujours eu peur du silence Il y naît des rires sans raisonMachines machinales aux roseaux de cambouis auxfrissons figés L'écœurant métal doux Plus stérile que la cendreFace aux rideaux apprêtés Le lit défait vivant et nu Redoutable oriflamme Son vol tranchant Éteint les jours franchit les nuits Redoutable oriflamme Contrée presque déserte PresqueCar taillée de toutes pièces pour le sommeil et l'amour Tu es debout auprès du litJe t'aime et je dors avec toi Écoute-moi.</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, surréalisme, amour, ennui</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:26</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148076/origin_148076_35yH5.jpeg"/></item><item><title>Spleen - Pluviôse, Charles Baudelaire</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148056</link><pubDate>Tue, 12 May 2020 16:01:08 +0200</pubDate><description>Spleen in Les Fleurs du mal (1857), Charles BaudelaireIllustration Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comPluviôse, irrité contre la ville entière,De son urne à grands flots verse un froid ténébreuxAux pâles habitants du voisin cimetièreEt la mortalité sur les faubourgs brumeux.Mon chat sur le carreau cherchant une litièreAgite sans repos son corps maigre et galeux ;L'âme d'un vieux poète erre dans la gouttièreAvec la triste voix d'un fantôme frileux.Le bourdon se lamente, et la bûche enfuméeAccompagne en fausset la pendule enrhumée,Cependant qu'en un jeu plein de sales parfums,Héritage fatal d'une vieille hydropique,Le beau valet de coeur et la dame de piqueCausent sinistrement de leurs amours défunts.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">3dc0dc79-073d-43c4-b6c0-03f931f02164</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148056/podcast_148056_tRwXc.mp3" type="audio/mpeg" length="498677"/><itunes:summary>Spleen in Les Fleurs du mal (1857), Charles BaudelaireIllustration Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comPluviôse, irrité contre la ville entière,De son urne à grands flots verse un froid ténébreuxAux pâles habitants du voisin cimetièreEt la mortalité sur les faubourgs brumeux.Mon chat sur le carreau cherchant une litièreAgite sans repos son corps maigre et galeux ;L'âme d'un vieux poète erre dans la gouttièreAvec la triste voix d'un fantôme frileux.Le bourdon se lamente, et la bûche enfuméeAccompagne en fausset la pendule enrhumée,Cependant qu'en un jeu plein de sales parfums,Héritage fatal d'une vieille hydropique,Le beau valet de coeur et la dame de piqueCausent sinistrement de leurs amours défunts.</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, hiver, spleen, poésie, poésie</itunes:keywords><itunes:duration>00:00:50</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148056/origin_148056_p8y1w.jpeg"/></item><item><title>Elsa au Miroir, Louis Aragon</title><link>https://audioblog.arteradio.com/blog/143825/podcast/148053</link><pubDate>Tue, 12 May 2020 15:52:21 +0200</pubDate><description>Elsa au Miroir in Les Yeux d'Elsa (1942), Louis AragonIllustration Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comC'était au beau milieu de notre tragédieEt pendant un long jour assise à son miroirElle peignait ses cheveux d'or Je croyais voirSes patientes mains calmer un incendieC'était au beau milieu de notre tragédieEt pendant un long jour assise à son miroirElle peignait ses cheveux d'or et j'aurais ditC'était au beau milieu de notre tragédieQu'elle jouait un air de harpe sans y croirePendant tout ce long jour assise à son miroirElle peignait ses cheveux d'or et j'aurais ditQu'elle martyrisait à plaisir sa mémoirePendant tout ce long jour assise à son miroirÀ ranimer les fleurs sans fin de l'incendieSans dire ce qu'une autre à sa place aurait ditElle martyrisait à plaisir sa mémoireC'était au beau milieu de notre tragédieLe monde ressemblait à ce miroir mauditLe peigne partageait les feux de cette moireEt ces feux éclairaient des coins de ma mémoireC'était un beau milieu de notre tragédieComme dans la semaine est assis le jeudiEt pendant un long jour assise à sa mémoireElle voyait au loin mourir dans son miroirUn à un les acteurs de notre tragédieEt qui sont les meilleurs de ce monde mauditEt vous savez leurs noms sans que je les aie ditsEt ce que signifient les flammes des longs soirsEt ses cheveux dorés quand elle vient s'asseoirEt peigner sans rien dire un reflet d'incendie.</description><author>pauline.moingeon@gmail.com (Pauline Moingeon Vallès)</author><guid isPermaLink="false">c501aa9d-f7b5-4fde-b0d1-4f6310a5ac59</guid><enclosure url="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148053/podcast_148053_uQx6z.mp3" type="audio/mpeg" length="1002915"/><itunes:summary>Elsa au Miroir in Les Yeux d'Elsa (1942), Louis AragonIllustration Xabier Moingeon - https://xabiermoingeon.wordpress.comC'était au beau milieu de notre tragédieEt pendant un long jour assise à son miroirElle peignait ses cheveux d'or Je croyais voirSes patientes mains calmer un incendieC'était au beau milieu de notre tragédieEt pendant un long jour assise à son miroirElle peignait ses cheveux d'or et j'aurais ditC'était au beau milieu de notre tragédieQu'elle jouait un air de harpe sans y croirePendant tout ce long jour assise à son miroirElle peignait ses cheveux d'or et j'aurais ditQu'elle martyrisait à plaisir sa mémoirePendant tout ce long jour assise à son miroirÀ ranimer les fleurs sans fin de l'incendieSans dire ce qu'une autre à sa place aurait ditElle martyrisait à plaisir sa mémoireC'était au beau milieu de notre tragédieLe monde ressemblait à ce miroir mauditLe peigne partageait les feux de cette moireEt ces feux éclairaient des coins de ma mémoireC'était un beau milieu de notre tragédieComme dans la semaine est assis le jeudiEt pendant un long jour assise à sa mémoireElle voyait au loin mourir dans son miroirUn à un les acteurs de notre tragédieEt qui sont les meilleurs de ce monde mauditEt vous savez leurs noms sans que je les aie ditsEt ce que signifient les flammes des longs soirsEt ses cheveux dorés quand elle vient s'asseoirEt peigner sans rien dire un reflet d'incendie.</itunes:summary><itunes:keywords>littérature, amour, guerre, souffrance, femme</itunes:keywords><itunes:duration>00:01:40</itunes:duration><itunes:explicit>false</itunes:explicit><itunes:author>Pauline Moingeon Vallès</itunes:author><itunes:image href="https://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/v2/sons/143825/148053/origin_148053_mDqMe.jpeg"/></item></channel></rss>
